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mercredi 2 février 2011

Auffray Ashley

Auffray
Ashley
3° Athalie Arts plastiques 20/20
1. Définitions :
-Arts
-Rupture
-Continuité
-Hiatus
-Classicisme
-Avant-garde
-Académisme
-cloisonnement
Arts :
1.Expression, à travers les oeuvres humaines, de la notion idéale du beau ;
ensemble des activités humaines qui aboutissent à la création de ces
oeuvres ; ensemble des oeuvres artistiques d'un pays, d'une époque.
2.Aptitude, habileté à faire quelque chose.
3.Ensemble des moyens, des procédés, des règles intéressant une activité,
une profession.
4.Manière de faire qui manifeste un goût, une recherche, un sens
esthétique.
5.Chacun des domaines où s'exerce le création esthétique, artistique.
Rupture :
1.Fait de se rompre sous l'effet d'un choc.
2.Fait d'interrompre des relations.
3.Action de considérer comme nul un engagement.
4.Absence de continuité ; opposition entre deux chose.
Continuité :
1.Caractère de ce qui est en continu.
Hiatus :
1.En linguistique, succession de deux voyelles appartenant à des syllabes
différentes.
2.En anatomie, orifice naturel étroit.
3.Manque de continuité, de cohérence.
Classicisme :
1.Caractère de ce qui est classique, conforme aux règles traditionnelles.
2.Ensemble de théories littéraires et artistiques caractérisé par une
recherche de l'équilibre, de la clarté et du naturel, qui se manifesta en
France au XVII ème siècle.
Avant-garde :
1.Détachement militaire à l'avant d'une troupe.
2.Doctrine novatrice ou groupe précurseur dans le domaine artistique,
technique, etc.
Académisme :
1.Imitation sans originalité de règles et de modèles traditionnels.
Cloisonnement :
1.Séparation entre certaines personnes, certaines activités.
2. Exemples :
-Marcel Duchamp : Fontaine
-Piero Manzoni : Socle du monde
-Pablo Picasso : Nature morte à la chaise canné
-Kasimir Malevitch : Carré blanc sur fond blanc
-Oskar Schlemmer : Logo du Bauhaus
-Marcel Breuer : Chaise wassily
-Joseph Beuys : Coyote
-Alberto Giacometti : l'homme qui marche
-Mario Merz : Merzbau
-Guiseppe Perrone : Elévazione
-Robert Smithson : Spiral Jetty
-Andy Goldsworthy : Arch
-Josper Johns : ''Painted bronze''
-Albrecht Dürer : Autoportrait avec des gants
-Paolo Uccello : St Georges et le dragon
-Munakata Shikô : Les dix grands disciples
-Munakata Takashi : 727
-Arman : Consigné à vie



Marcel Duchamp : Fontaine

Cette oeuvres à été réalisé en 1964 elle est maintenant au Musée National
d'art moderne à Paris.


Piero Manzoni : socle du monde
Cette oeuvre à été réalisée en 1961.


Pablo Picasso : Nature morte à la chaise canné
Cette oeuvre à été réalisée en 1912, elle est conservée au musée Picasso
de Paris.


Kasimir Malevitch : Carré blanc sur fond blanc
Cette peinture à été réalisée en 1918, elle est actuellement exposée au
Museum of Modern Art à New York.


Oskar Schlemmer : Logo du Bauhaus
Il à été créé en 1922


Marcel Beuer : Chaise Wassily
Elle à été crée en 1925.


Joseph Beys : Coyote
Créé en 1974


Alberto Giacometti : L'homme qui marche
Cette sculpture à été réalisée en 1961, elle est exposée au Musée Kröller-
Müller aux Pays-Bas


Robert Smithson : Spiral Jetty
Cette oeuvre à été faite en 1970


Andy Goldsworthy : Arch


Jasper Johns : ''Painted bronze''
Cette oeuvre à été créé en 1960.


Albrecht Dürer : Autoportrait avec des gants
Cette peinture à été réalisée en 1498


Paolo Uccello : St Georges et le dragon
Cette peinture à été réalisée en 1456, elle est exposé au national Gallery
à Londres.

Munakata Shikô : Les 10 disciples
Cette oeuvre à été créé en 1939.
Murakami Takashi : 727
Arman : Consigné à vie
Cette sculpture à été créé en 1985, elle est installé à la cour de Rome de la
gare St Lazare à Paris.


Visite virtuelle de la chapelle sixtine

http://www.vatican.va/various/cappelle/sistina_vr/index.html

Site à visiter

Une civilisation, une époque, un artiste


Les mini-sites sont réalisés à l'occasion d'expositions ou d'événements forts du musée. Regroupant des textes, des documents iconographiques, des pistes pédagogiques, ils permettent d'aborder les grands thèmes de l'histoire de l'art et de l'archéologie.



Site à visiter

Dernière trouvaille de Google
Un site extraordinaire pour visiter virtuellement des musées voir des oeuvres en HD commentaires, infos, news..............

Art Project, powered by Google

Explore museums from around the world, discover and view hundreds of artworks at incredible zoom levels, and even create and share your own collection of masterpieces.
Learn More

mardi 1 février 2011

Fiches d'études d' Oeuvres

 Deux exemples de fiche d'étude d'oeuvres glanné sur le web.


Mode d’emploi
de la fiche-élève LIRE UNE IMAGE
Sujet
Dire en quelques mots quel est le sujet de l’image. L’idéal est de lui donner un titre voire
un sous-titre.
Impression
Préciser quelle est la première impression que fait cette image, quelle réaction elle
provoque. La noter par écrit. Si l'image est réussie, l'analyse des caractéristiques
techniques permettra de comprendre comment cette image a créé en nous cette
impression première
Technique
De quel type de représentation s’agit-il ? Peinture, statue, dessin, gravure, photo, etc.
Format
Dimensions de l’image en réalité. Il n'est pas toujours facile de répondre à cette question.
Mai elle mérite d'être posée. Peu de gens ont vu Guernica et ils en ignorent donc les
véritables dimensions, or la taille de cette oeuvre est un de ses éléments marquants.
Contexte
Où l’image est-elle normalement vue ? Musée, panneau publicitaire, magazine, album de
famille, décoration d'un intérieur ou d'une institution, etc.
Cadre
Valeur de cadre ? Gros plan, plan rapproché (plan poitrine ou plan taille), plan américain,
plan moyen, plan ½ ensemble, plan d'ensemble (ou plan général)
Angle
Plongée, contre-plongée, angle plat
Lumière
D’où vient la lumière (les lumières) ? Quelle est son intensité ? Est-elle naturelle ou
artificielle ? naturaliste ou spectaculaire ?
Couleur
Couleur(s) dominante(s), intensité(s), nuances, etc.
Composition
Comment l’image est-elle structurée ? (Faire un croquis)
points forts de l’image (ligne des tiers, nombre d’or)
lignes : parallèles, perpendiculaires, cercle, triangle
s’il n’y a pas de ligne visible : zones d’ombre, de lumière, de couleur.
Profondeur
Y a-t-il une grande ou une faible profondeur de champ ?
Perspective
L’image donne-t-elle-l’impression d’être plate? Suggère-t-elle au contraire qu’elle est en
trois dimensions?
Dénoté
Décrire l’image le plus objectivement possible : préciser quel est indiscutablement le
contenu de l’image
Connoté
Dire ce que l’image suggère pour vous (donc de façon très personnelle et subjective)





Analyser une image

Sujet


Impression

Technique

Format

Contexte

Cadre

Angle

Lumière

Couleur


Composition
&
Profondeur

Dénoté

Connoté



Expression libre

……...…………………………………………………………………………………………………...…………………………………………………………………………………………………...……………………………………………………………………………………………
……………………...……………………………………………………………………………
……...…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….…..

samedi 22 janvier 2011

Outil d'analyse d' oeuvre


 L’analyse d’oeuvre

Document produit par un groupe de travail composé d’IA-IPR d’arts plastiques à la
demande de l’ Inspection générale d’arts plastiques.

Méthodologie d'analyse d'oeuvre à l'usage de l'élève
ÊTRE CAPABLE DE VOIR ET DE COMPRENDRE UNE OEUVRE
À PARTIR DE SA REPRODUCTION

 
Une image en couleur sur papier. L'ai-je déjà vue? En reproduction ou de visu ? En ai-je
vu une reproduction en noir el blanc et/ou en couleurs? Celle-ci me paraît-elle fidèle à
l'original?

Quelle est la nature de cette oeuvre? Peinture - Sculpture - Assemblage – Installation -
Dessin
 
 
Est-ce une ébauche, une esquisse, une maquette, une oeuvre achevée? Sa matière (et
les matériaux qui la constituent) sont-ils apparents? Quels sont ses composants
plastiques?

S'agit-il d'une composition, d'une organisation d'éléments homogènes ou non, d'une
oeuvre aléatoire, d'une oeuvre éphémère...

S'il s'agit d'une peinture :
Quel est son degré d'iconicité (l’oeuvre « fait-elle » ou non image.). Quels en sont les
rythmes principaux (composition), quel est le rapport Fond/Forme en quantité et en qualité?

Perçoit-on des effets de transparence, de fluidité, d'épaisseur, de recouvrement, d'opacité, d'effacement …

Quels sont les choix chromatiques (couleur,palette), la dominante, le registre de valeurs, la lumière (éclairage ou lumière suggérée), l'organisation de l'espace, les bordures, le traitement proprement dit (touche, aplats, modelé, modulations), la gestualité apparente ou non, ledessin (cerne ou sertis, ou absence de graphisme)?

S'il s'agit d'une oeuvre tridimensionnelle: la photographie se présente-t-elle sur un fond
neutre ou non?

Rapport des vides et des pleins, texture...

Y a-t-il un socle? L'oeuvre est-elle montrée dans un espace spécifique, in situ, intégrée à un monument ou l'ornant?

A-t-elle une fonction, in situ, dans son contexte (lieu d'exposition) … ?

Le titre de l'oeuvre et la relation Titre/Sujet.

Les effets produits sur le spectateur. Comment sont-ils obtenus?
Ce que je sais: (connaissances culturelles et hypothèses)

Mise en perspective
Dans quelle période historique s'inscrit l'oeuvre? Dans quel courant ou mouvement
artistique?  A quoi renvoie-t-elle? Les sources, les prolongements...

En quoi l'oeuvre est-elle en relation avec la thématique du programme? Quelle est la problématique générale de l'oeuvre, celle plus spécifique à l'artiste?

Quelle interprétation raisonnée puis-je en faire? Quels liens peut-on tisser avec des
créations analogues (semblables), avec des modes de production différents, voire ceux d'une autre époque?

Plan, rédaction, vocabulaire spécifique, syntaxe juste, croquis.

Mise en forme
Se souvenir que la partie de l'épreuve du BNC consacrée à l'analyse d'oeuvre se
présente comme une invitation à une présentation sensible et raisonnée des éléments
constitutifs d'une oeuvre singulière et non comme une réponse à un sujet de dissertation.

Il ne s'agit donc pas d'ajouter des pages aux pages, de multiplier les informations,
encore moins de les répéter mais d'organiser sa réponse de façon concise et précise.

L’oral doit être structuré à partir de la découverte de l’oeuvre elle-même. Un vocabulaire
précis et spécifique rend inutiles de longs développements. Une interprétation
personnelle peut conclure l'analyse à condition d'en argumenter le propos et de le relier
au contexte artistique et historique. Des croquis ou schémas sont utiles s'ils ne
redoublent pas ce qui est écrit mais apportent un contrepoint ou un soutien visuels
pertinents.

Inspection Générale des enseignements artistiques –Inspection générale d’Arts plastiques / L’analyse d’oeuvre –Méthodologie d’analyse d’oeuvre à l’usage des élèves / Académie de Lille / Octobre 2006

 
Lexique;

abstrait, allégorie, angle de vue, anthropomorphe, aplat, arabesque,2 dimensions, cadrage, camaïeu, champ,
citation,clair-obscur,classique,cliché,collage,composition,concept,contraste,plongée/contre plongée, couleur, croquis,
dégradé, design, dessin, ébauche, échelle, encre, épreuve, espace, esquisse, estampe, figuratif, flou, fond, genre,
graphisme, gravure, image, in-situ, installation, lavis, ligne de fuite, lithographie, logo, lumière, manifeste, matière,
mobile, stabile, mouvement, nuance, perspective, plans, plein/vide, profondeur de champ, réfèrent, repentir, rythme,
sculpture, structure, style, support, surface ,teinte, titre, toile, ton, touche, trait , teinte, titre, toile, ton, touche, trait,
transparence, valeur, volume, .................

En résumé les analyses d'oeuvre des élèves doivent contenir les informations suivantes:


Présentation de l'oeuvre

Titre de l'oeuvre,  date d'exécution de l’oeuvre, nom de l'artiste; naissance/mort,. Lieu d'exposition, dimensions, technique de réalisation, matériaux utilisés...


Analyse technique et stylistique de l'oeuvre (décrire l'oeuvre telle qu'elle est):

Technique utilisée: peinture, dessin, gravure, sculpture, installation...
Genre: réaliste,symbolique,fantastique, abstrait, caricatural,...
Touche: apparente, fine, régulière, granuleuse, avec collages, relief,...
Choix chromatique: couleur; tonalité, contrastes, intensité, noir et blanc, monochrome,tons naturels, imaginaires...
Eclairage: naturel, ombre, source précise, diffuse, multiple
Composition: un seul plan (fond et forme confondu), plusieurs plans successifs, profondeur, relief, perspective...
Atmosphère générale: dramatique, didactique,...


Influence de l'oeuvre.

Mouvement artistique ou historique( Réalisme,Surréalisme,Pop Art, Land Art, Renaissance, Antique...)
Rapport de l' oeuvre avec l'ensemble du monde de l'Art : par rapport à d'autres oeuvres ayant le même thème, appartenant au même mouvement, du même artiste...

Impressions personnelles.

Qu'est-ce que je ressens face à l' oeuvre, qu'est-ce que j'en comprends, sens, symbole, signification, message...
Ce que je perçois : Comment est-ce fait ? Pourquoi ?

Inspection Générale des enseignements artistiques
Inspection Générale d’arts plastiques

lundi 3 janvier 2011

Alexander Calder

alexander calder

Biographie Calder
"Pourquoi l'art devrait-il être statique ? En regardant une oeuvre abstraite, qu'il s'agisse d'une sculpture ou d'une peinture, nous voyons un ensemble excitant de plans, de sphères, de noyaux sans aucune signification. Il est peut-être parfait mais il est toujours immobile. L'étape suivante en sculpture est le mouvement". Alexander Calder

Alexander Calder
Alexander Calder 
Alexander Calder, sculpteur et peintre américain, naît le 22 juillet 1898 à Lawnton. Il décède le 11 novembre 1976 à New York. Alexander Calder est célèbre pour ses mobiles et ses stabiles.
Alexander Calder est le deuxième enfant d’un couple d’artistes qui l'incitent à créer dès son enfance. Son père, Alexander Stirling Calder, est un sculpteur de formation classique, sa mère, Nanette Lederer Calder, est peintre. À l’âge de 8 ans, ils lui installent un atelier dans la cave de leur maison californienne à Pasadena. Calder y perfectionne son aisance naturelle à manipuler les outils et y réalise des expériences pour créer des sculptures et des jouets à partir de matériaux ordinaires.
Calder reçoit une double formation d’ingénieur et d’artiste qui stimule son extraordinaire inventivité. Il fréquente tout d'abord le Stevens Institute of Technology, à Hoboken dans le New Jersey, pour y suivre des études de génie mécanique. Il entre ensuite à l'Art Students League de New York en 1923 et étudie la peinture d’après modèle et la composition picturale avec John Sloan, ainsi que le portrait avec George Luks. Il y étudie ensuite le dessin d’après modèle avec Boardman Robinson en 1924, puis le cours de lithographie de Charles Lockeen en 1925.
En 1924, Calder travaille comme illustrateur auprès de la National Police Gazette où il réalise des illustrations d’événements sportifs et de scènes urbaines. Le 24 juillet 1926 Calder arrive à Paris. Il assiste au cours de dessin de l’Académie de la Grande Chaumière. Il fait la connaissance d'un fabricant de jouets serbe qui l’encourage à créer des jouets articulés destinés à la production en série, puis commence la création du "Cirque Calder", un ensemble totalement original où interviennent des figures faites de fil de fer et dans lequel Calder joue le rôle de maître de cérémonie, de chef de piste et de marionnettiste en faisant fonctionner manuellement le mécanisme, le tout étant accompagné de musique et d'effets sonores. Calder crée les sculptures "Joséphine Baker" et "Struttin’ His Stuff". Il donne des représentations du "Cirque" pour Mme Frances C. L. Robbins, mécène de jeunes artistes.

sculpture Calder
Alexander Calder - "Crinkly avec disc rouge" (1973), Stuttgart En 1927, Calder expose ses jouets au Salon des humoristes au sein de la galerie La Boétie, à Paris. Le 27 Septembre il retourne à New York. Le 3 novembre 1928 Calder est de retour à Paris. Fin décembre, il rend visite à
Joan Miró, dans son atelier de Montmartre. Miró assiste par la suite à une représentation du "Cirque" dans l’atelier de Calder.
En avril 1929, se déroule l'exposition intitulée "Alexander Calder : Skulpturen aus Holz und aus Draht", à la galerie Neumann-Nierendorf, à Berlin. En mai, Pathé Cinéma produit un court métrage consacré au travail de Calder dans son atelier de la rue Cels. Calder invite Kiki de Montparnasse à poser pour un portrait en fil de fer pendant le tournage. En juin, Calder donne une représentation du "Cirque" dans l’atelier du peintre Tsuguharu Foujita. Le 22 Juin, il embarque à bord du De Grasse pour New York, en emportant son "Cirque". En décembre, les Fifty-Sixth Street Galleries de New York présentent "Alexander Calder : Paintings, Wood Sculptures, Toys, Wire Sculptures, Jewelry, Textiles". Calder réalise "Goldfish Bowl", sa première véritable sculpture mécanisée.
Le 17 Janvier 1931, Alexander Calder épouse Louisa James. Le couple part pour l’Europe à bord de l’American Farmer. L'oeuvre abstraite de Calder est présentée pour la première fois dans l’exposition "Alexander Calder : Volumes–Vecteurs–Densités–Dessins–Portraits", à la galerie Percier, à Paris. Construites en fil de fer et en bois, la plupart de ces oeuvres évoquent la disposition de l'univers. Pablo Picasso arrive à la galerie Percier avant le vernissage pour une visite privée de l’exposition. Il se présente à Calder. En juin, Calder se joint au groupe Abstraction-Création, groupe fondé en février 1931 comprenant notamment Jean Arp, Robert Delaunay, William "Binks" Einstein, Jean Hélion, Piet Mondrian et Antoine Pevsner. En juillet, ses sculptures en fil de fer sont présentées lors d’une exposition du Novembergruppe au Künstlerhaus de Berlin. En novembre, il expose avec Abstraction-Création à la Porte de Versailles, à Paris.
En février 1932, Calder expose au sein de la 5ème exposition annuelle de peinture française moderne de la Renaissance Society à l'Université de Chicago. L'exposition "Calder : ses mobiles" se déroule à la galerie Vignon à Paris. Il y expose 30 de ses sculptures qualifiées de mobiles par Marcel Duchamp. Réagissant au terme "Mobile", Jean Arp demande à Calder : "Qu’est-ce que c’est que ces choses que tu as faites l’an dernier [pour Percier] ? – des Stabiles ?" Calder adopte le terme "Stabile" pour ses oeuvres statiques.
En janvier 1933, les sculptures de Calder sont présentées dans l’exposition collective "Première série", organisée par Abstraction-Création, à Paris. Le 13 Février, Miró organise une exposition de dessins et de sculptures de Calder à la Galería Syra, à Barcelone. En juin, la galerie Pierre, à Paris, présente "Arp, Calder, Miró, Pevsner, Hélion et Seligmann". Les Calder quittent leur maison parisienne et retournent à New York.
Les années 1930 sont la période la plus fertile et la plus ambitieuse de la carrière de Calder. Il poursuit le travail entamé à Paris en affinant et en adaptant l’idée de composition abstraite en mouvement. En 1937, Calder achève "Devil Fish", son premier stabile, version agrandie d’un modèle et précurseur des oeuvres monumentales ultérieures. Cette année-là, les Calder font à nouveau un long séjour en Europe. À Paris, Calder reçoit une commande d’où naîtra la "Fontaine de mercure", exposée avec "Guernica" de Picasso et "Le Faucheur" de Miró au pavillon espagnol de l’Exposition internationale. Alimentée en mercure provenant de la ville d’Almadén, la "Fontaine" de Calder est une oeuvre ouvertement politique, symbolisant la résistance au fascisme franquiste. La première rétrospective de l’oeuvre de Calder a lieu en 1938 à la George Walter Vincent Smith Gallery de Springfield dans le Massachusetts. Une deuxième grande rétrospective, organisée par Sweeney avec la collaboration de Marcel Duchamp, se tient au Museum of Modern Art de New York en 1943.

Calder
Alexander Calder - Têtes et Queue, Stahl, 1965, Berlin Pendant la Seconde Guerre mondiale, cause d’une pénurie de métal, Calder se tourne vers le bois, le plâtre, les matériaux recyclés et les objets trouvés pour créer ses sculptures. Lors de sa visite à l’atelier de Calder en 1945, Marcel Duchamp est intrigué par ces petites oeuvres. Inspiré par leur caractère aisément transportable, il organise une exposition pour Calder à la galerie Louis Carré à Paris.
En 1952, Calder reçoit le grand prix de la Biennale de Venise. Il s'installe ensuite à Saché, au sud de Tours, village qu’il découvre grâce à son ami Jean Davidson. Il réside tout d’abord dans la maison dite "François Ier" sur les bords de l’Indre, puis en 1962 décide de construire le grand atelier sur le site du Carroi surplombant la vallée de l’Indre. Il n'hésite pas à offrir ses gouaches et de petits mobiles à ses amis du pays. Calder donne également à la commune un stabile qui trône depuis 1974 face à l'église : une antisculpture affranchie de la pesanteur.

En 1958, Calder réalise le mobile du siège parisien de l'UNESCO. À partir des années 60, les talents artistiques de Calder sont reconnus de par le monde. Une rétrospective de son oeuvre se tient au Solomon R. Guggenheim Museum à New York en 1964, avant d’être présentée au Musée national d’art moderne à Paris. En 1966, Calder publie son autobiographie.
Calder fait réaliser la majeure partie de ses stabiles et mobiles aux Etablissements Biemont à Tours, dont "l'Homme", tout en acier inoxydable de 24 mètres de haut, commandé par l'International Nickel du Canada pour l'Exposition Universelle de Montréal en 1967. Toutes les fabrications sont faites d'après une maquette réalisée par Calder, par le bureau d'étude pour concevoir à l'échelle réelle, puis par des ouvriers chaudronniers qualifiés pour la fabrication, Calder supervisant toutes les opérations, et modifiant si nécessaire l'oeuvre. Tous les stabiles sont réalisés en acier au carbone, puis peints, pour une majeure partie en noir, sauf "l'Homme" qui est en acier inoxydable (brut), les mobiles étant fabriqués en aluminium et duralumin.

En 1976, Calder assiste au vernissage d’une vaste rétrospective de son oeuvre, «Calder’s Universe », qui couvre plusieurs niveaux du Whitney Museum of American Art à New York. Quelques semaines plus tard, Calder meurt à l’âge de 78 ans.
"J’ai toujours adoré le cirque : à New York, je faisais des croquis pour un journal satirique, la Police Gazette. J’avais un laissez-passer, j’y allais tous les jours. C’est de là que date ma décision de réaliser un cirque, pour me distraire" Alexander Calder

Poétique du fil

EXPOSITION CALDER, LES ANNEES PARISIENNES AU CENTRE POMPIDOU


Avec l'exposition 'Calder, les années parisiennes' présentée à Beaubourg jusqu'au 20 juillet 2009, l'un des sculpteurs les plus emblématiques de l'art contemporain laisse apparaître un visage bien moins connu. Des personnages attachants, des animaux plus vrais que nature et des saynètes facétieuses se partagent la vedette dans ce monde onirique. Un angle inattendu mais qui révèle, chez l'artiste, une constante fondamentale ; le fil de fer comme vecteur d'une création en mouvement.

Alexander Calder, c'est d'abord le paradoxe du mouvement. Chez lui, la sculpture devient "mobile", la matière la plus dure, le fer, se tord et se fait souple, dynamique, confiant à l'oeuvre un mouvement inédit. Cet artiste affairé à exhiber son talent de constructeur mécanique confine, avec ses créations, à l'imaginaire le plus expressif, où ses figurines apparaissent comme autant de personnalités d'un univers fantaisiste. Dès ses premiers travaux, Calder c'est la modernité américaine immergée dans l'avant-garde parisienne, dans ses trouvailles comme dans ses références presque baroques et surannées d'un monde à l'aube de l'industrialisation, animé par l'artisanat et l'amour de la matière.

Lire la critique de l'exposition 'Calder, les années parisiennes'

Génie de l'ingénierie

Zoom
Lorsqu'il débarque à Paris en 1926, Calder n'a rien de l'artiste prédestiné. S'il a étudié le génie mécanique et les beaux-arts, il n'est l'auteur que de quelques sculptures et de dessins d'illustration publiés dans des revues américaines. Mais déjà, son talent éclate et son arrivée au coeur du Montparnasse des Années folles, qui bat alors au rythme des avant-gardes du monde entier, va s'affirmer en tirant parti de sa double formation d'ingénieur et d'artiste. Dès ses premières oeuvres, Calder affirme son style. Tandis qu'il multiplie les caricatures, le sculpteur développe une technique bien à lui qui le mènera à produire les portraits des personnalités à l'aide de simples fils de fer. Tout le gotha y passera. De son marchand Erhard Weyhe à Joan Miro, d'Edgar Varèse à Kiki de Montparnasse, c'est toute une scène historique que Calder immortalisera.

Et sa trouvaille technique tient du prodige. Loin de la sculpture en cours à son époque, ses portraits dessinent, à l'aide de simples traits, les expressions et les postures comme aucun autre n'a su le faire. A minima, Calder propose une relecture schématisée de ses modèles. Un trait pour délimiter la forme du visage, deux sphères pour les yeux et un savant méli-mélo de courbes et de noeuds pour le nez et la bouche. Le tout sans séparer les parties, le fil relie toujours les traits du visage à la tête. Suspendues dans les airs, ces montages dessinent, par leur ombre, des figures en mouvement sur les parois. Non seulement Calder réintroduit le dessin dans l'espace en faisant du fil de fer une trace d'encre en lévitation dans le monde qui l'entoure, mais plus encore, la lumière imprime sur les murs les dessins éphémères qui ne sont que les reflets mouvants de ces créations. La force de gravité devient un mouvement horizontal. Eclairées par une lumière frontale, les sculptures viennent abîmer leurs ombres aux cimaises.


"Daumier du fil de fer"

Zoom
Comme une marque de fabrique, ses portraits vont se multiplier et assurer la renommée d'un artiste que l'on aura tôt fait de comparer au célèbre caricaturiste Daumier. Comme lui, il partage un même goût de la ligne vive, de la dynamique des corps dans l'espace. Plutôt que le trait, le fil de fer va ainsi garantir à Calder le rapport décisif à la vitesse, à la compréhension du mouvement. Ce passionné d'animaux n'aura en effet eu de cesse d'en étudier les déplacements pour en tirer, là aussi, l'essence fondamentale. Comment reproduire une action complexe de la nature ? En la décomposant, en la découpant en étapes essentielles. C'est là toute la force de Calder qui, avant d'être un sculpteur de génie, est surtout un observateur virtuose, capable de repérer les attitudes, les postures les plus explicites pour rendre compte d'un enchaînement d'images infini. "Aussi, en dessinant le singe ressent-on la nécessité de donner l'impression que le singe est en train de faire quelque chose." Comme une nécessité, Calder multipliera donc, en parallèle de ses portraits, les sculptures de genre où les animaux côtoient les sportifs, où les faits de société côtoient les célébrités. De cette lecture attentive du monde naîtront ainsi ses 'Joséphine Baker', véritables chefs-d'oeuvre d'une pratique qui trouve là son point d'orgue. Tout, du visage à la courbe des bras, des accessoires vestimentaires aux raccourcis symboliques qu'il invente pour représenter son modèle, respire l'attention folle portée sur les détails, pour mieux les sélectionner, les isoler et les couper.

C'est la magie du fil de fer. D'un seul tenant, ses oeuvres laissent le sentiment d'une majesté dans l'exécution, où l'économie du geste reflète la vivacité du trait. Une référence cette fois orientalisante ; difficile de ne pas filer la métaphore pour évoquer la sculpture de Calder comme une calligraphie du langage des corps. Un talent qui s'exprime à plein dans son 'Cirque', réalisé entre 1926 et 1931. Clou de l'exposition du centre Pompidou et véritable prouesse technique, cette oeuvre foisonnante démontre toute la magie et l'inventivité de l'utilisation du fil de fer. Ce monde miniature a constitué, lors du séjour parisien de Calder, une carte de visite de premier ordre. Car en plus de reproduire toute la population à l'oeuvre sous un chapiteau, Calder en a fait un terrain de jeu idéal pour des représentations. Dans son atelier, l'artiste aimait en effet à jouer les marionnettistes et actionner ses figurines capables d'effectuer toute une série de mouvements. Trésors d'ingéniosité, ses jouets permettent, de par leur structure filaire, une série d'actions que l'artiste ne cessait de mettre en scène. Du fil de fer, des tissus, cartons et autres matériaux de récupération auront alors suffi pour que les acrobates, équilibristes, dresseurs, magiciens et animaux prennent instantanément vie. Une magie naïve et envoûtante qui rappelle à quel point ce maître de l'abstraction a su se nourrir du spectacle quotidien pour ériger son oeuvre.


Du fil au mobile

Zoom
En germe, dès ses premières sculptures, c'est toute son oeuvre à venir qui se dessine. Le fil de fer s'imposera par la suite comme outil idéal pour garantir à ses formes dures une mobilité certaine. Léger, sans plein, Calder se contente des squelettes pour évoquer le tout, pour concevoir de nouvelles formes dans l'espace. L'entrée dans l'abstraction a donc des allures de continuité de la figuration qu'il a développée lors de ses années parisiennes. Bouleversé par sa visite, en 1930, de l'atelier de Piet Mondrian, Alexander Calder va modifier son approche et plonger avec délice dans le monde de l'abstraction géométrique pour s'étendre, par la suite, vers l'influence surréaliste et le retour au matériau brut qu'est le bois. Ses formes se font primitives et ses inspirateurs se nomment Jean Arp ou Joan Miro. Mais il n'oubliera jamais le fil, sa signature, dans un monde de l'art qui préférait alors le plein au vide, il reviendra rapidement à une nouvelle utilisation de sa découverte. C'est ainsi que, fort de toutes ses influences, le sculpteur va développer une esthétique qui changera définitivement le cours de la sculpture contemporaine. Avec ses mobiles, il dessine au fil de fer les éléments d'un monde que l'on pourrait presque comparer au règne végétal. De ces grandes branches métalliques sensibles aux inflexions de l'air, de ces légers pétales d'aluminium suspendus par de fines attaches et vacillant au moindre souffle de vent, c'est encore une fois la magie du fil qui produit son effet. L'élément presque invisible qui soutient, sans les emprisonner, les différentes pièces de ses créations et laisse au monde qui les entoure le soin de faire vivre des oeuvres pleines de poésie.

Guillaume Benoit pour Evene.fr - Avril 2009

























mardi 21 décembre 2010

BAUHAUS

chaise Marcel Breuer

Fondé en 1919 par Walter Gropius à Weimar, le Bauhaus (littéralement : « maison du bâtiment ») étendit ses recherches à tous les arts majeurs et appliqués, en vue de les intégrer à l'architecture. Selon le dessein de son fondateur, tous ceux qui participaient à l'édification du bâtiment devaient être pénétrés des principes du maître d'œuvre et créer en harmonie avec lui, la partie complétant le tout. Appelés par Walter Gropius, les plus grands artistes du temps y enseignèrent. Le Bauhaus suscita un vif intérêt dans le monde, mais provoqua de fortes réactions dans les milieux politiques allemands. Transféré à Dessau en 1925, puis à Berlin en 1932, il fut définitivement fermé par les nazis arrivés au pouvoir en 1933.


École du Bauhaus, Dessau L'immeuble du Bauhaus construit en 1926 par l'architecte Walter Gropius (1883-1969), à Dessau, Allemagne. 

 Bauhaus Façade de la nouvelle école du Bauhaus construite à Dessau par Walter Gropius (1883-1969) en 1925-1926. 
Les principes du Bauhaus ont profondément marqué l'esthétique contemporaine ; un grand nombre d'écoles et d'universités adoptèrent ses méthodes d'enseignement, comme l'industrie ses conceptions. La plupart de ses maîtres et de ses anciens élèves, accueillis par les États-Unis peu avant 1939, continuent à influencer l'art moderne.

1.  De l'idée à la réalisation

Henry Van de Velde, souhaitant quitter la Grossherzogliche Kunstgewerberschule de Weimar fondée par lui en 1906 et dont il était le directeur, pressentit Walter Gropius pour lui succéder. En 1915, Gropius accepta, à la condition de pouvoir réorganiser à sa guise l'enseignement des beaux-arts à Weimar. Au printemps de 1919, il réunit la Grossherzogliche Kunstgewerberschule et la Grossherzogliche Hochschule für bildende Kunst en une Hochschule für Gestaltung, sous le nom de Das staatliche Bauhaus Weimar, qu'il installa dans les bâtiments construits par Van de Velde. Appelés par Walter Gropius, furent professeurs au Bauhaus, dès 1919, Johannes Itten, Lyonel Feininger, Gerhard Marcks, Adolf Meyer ; Georg Muche les suivit en 1920, puis Paul Klee et Oskar Schlemmer en 1921 ; Wassily Kandinsky vint en 1922 et László Moholy-Nagy en 1923.
Ayant suscité l'opposition des autorités conservatrices de la ville et du gouvernement provincial de Thuringe, le Bauhaus de Weimar, institution d'État, ferma ses portes – professeurs et élèves solidaires de leur directeur – au terme de son contrat de sept ans, le 1er avril 1925.
De nombreuses villes dont Darmstadt, Francfort, Mannheim étaient disposées à le recevoir ; Dessau l'emporta. La municipalité demanda à Gropius de construire la nouvelle école.
Commencés à la fin de 1925, les travaux furent achevés en décembre 1926. De nouveaux professeurs furent nommés : Josef Albers, Herbert Bayer, Marcel Breuer, Gunta Scharon-Stölzl, Hinnerk Scheper, Joost Schmidt.
En 1926, le Bauhaus tout entier contribua avec Gropius à la réalisation de la cité ouvrière de Törten, près de Dessau.
En 1928, lassé, Gropius abandonna la direction de l'établissement et, sur sa recommandation, le Suisse Hannes Meyer, directeur de l'atelier d'architecture depuis 1927, lui succéda. Il devait démissionner à son tour en juin 1930, laissant le Bauhaus déchiré par des querelles intérieures. Gropius, sollicité de nouveau, recommanda Ludwig Mies van der Rohe qui, comme lui, avait travaillé chez Peter Behrens ; organisateur de l'exposition du Weissenhof en 1927 à Stuttgart, alors qu'il était vice-président du Werkbund, Mies était l'auteur du très célèbre pavillon allemand de l'exposition de Barcelone. Quoiqu'il eût, en 1926, érigé à Berlin le monument à la mémoire de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg, il brisa les grèves politiques des élèves et rétablit l'ordre au sein du Bauhaus, plus ou moins mené, depuis le départ de son fondateur, par des groupes d'extrême gauche.
Logements de Weissenhof L'architecte Ludwig Mies van der Rohe organise, en 1926, l'exposition du logement de Weissenhof à Stuttgart où il invite les pricipaux architectes du mouvement moderne à construire chacun un bâtiment, lui même réalisant un immeuble collectif. 
Pavillon de l'Allemagne, Barcelone Vue partielle du pavillon de l'Allemagne à l'Exposition internationale de Barcelone. Architecte : Ludwig Mies van der Rohe, 1929. 
 
En 1932, les nazis prenaient le pouvoir en Saxe-Anhalt et le Bauhaus de Dessau allait s'établir à Berlin dans une usine vide que Mies van der Rohe fit repeindre en blanc. Hitler chancelier du Reich, Mies eut une entrevue avec l'un des « experts culturels » nazis, Alfred Rosenberg, à l'automne de 1933 ; il obtint l'autorisation de continuer ; mais, considérant que le Bauhaus ne pouvait poursuivre son œuvre dans « cette atmosphère », il prit la décision de fermer l'institution.

2.  Une réorganisation de l'enseignement des beaux-arts

L'« aventure » du Bauhaus ne se conçoit guère que dans le climat artistique très particulier de l'Allemagne du début de ce siècle. Hermann Muthesius, continuant John Ruskin et William Morris, avait déjà fondé, le 6 octobre 1907, le Deutscher Werkbund, pour tenter d'établir une coopération entre les artistes et les artisans d'une part, l'industrie et la technique de l'autre. On lisait dans les statuts : « Le but du Werkbund est d'ennoblir le travail artisanal en réalisant la collaboration de l'art, de l'industrie et du travail manuel. » Y participaient, parmi d'autres, Hans Poelzig, Josef Hoffmann, Henry Van de Velde, Peter Behrens. Le dessein était d'améliorer l'« art industriel », en insistant sur les qualités techniques et les valeurs morales qui doivent s'attacher à la notion de forme. Mais le programme restait vague. L'exposition de 1914 à Cologne en fut la manifestation la plus notoire, principalement avec l'usine modèle que Walter Gropius et Adolf Meyer y construisirent.
Malgré de nombreuses réticences, le Werkbund avait fini par s'imposer chez les artistes et surtout chez les industriels : on cite volontiers le cas de Peter Behrens qui travailla dès lors pour le konzern A.E.G. En revanche, la peinture, déjà dominée par l'expressionnisme romantique et individualiste, n'y trouvait pas son compte. Au sortir de la guerre, alors que l'expressionnisme s'imposait même au théâtre et au cinéma (Le Cabinet du Dr Caligari, 1919), Dada apparut, qui prétendait répondre aux événements que le monde venait de subir. En fondant à 36 ans le Bauhaus, en lui permettant de traverser révolutions, putschs et crise financière, Gropius apportait une réponse différente et combien plus humaniste.
La réflexion de Gropius a la même origine que celle de Le Corbusier : la « révolution machiniste » du xixe siècle a amené la civilisation à un point de non-retour et nécessite un changement intellectuel profond. Nier la machine équivaut à se condamner, mieux vaut en être le maître et donner à ses produits un « contenu de réalité » : éliminer chaque désavantage de la machine, sans sacrifier aucun de ses avantages.
 Walter Gropius et Le Corbusier L'architecte Walter Gropius (1883-1969), en compagnie de Le Corbusier. 
S'il commence à exister une architecture, une peinture, une sculpture modernes, Gropius constate que les objets usuels ne participent pas de ce mouvement : l' artisan, qui a le savoir-faire, plagie les époques révolues, tandis que l'artiste, qui a l'esprit créateur, dédaigne ce travail « subalterne ». D'où le principe : créer le compagnonnage de la main et de la machine dans la production ; ne pas faire imiter par la machine des produits faits à la main, mais créer des objets, faits à la main, qui pourront ensuite être manufacturés.

•  Artisans et artistes

Gropius, en réunissant les deux écoles d'art de Weimar, précisera le programme du Werkbund : artisans et artistes créeront de concert et assembleront leurs œuvres dans le Bauwerk, qui comprendra la peinture, la sculpture, les arts appliqués, intégrés dans l'architecture, sans que celle-ci soit privilégiée, pour créer un art de vivre accordé au xxe siècle. « Le but ultime de toute création formelle est l'architecture. La décoration des édifices était autrefois la tâche la plus noble des arts plastiques. Aujourd'hui, ils ont acquis une autonomie orgueilleuse dont ils ne pourront se délivrer que par une collaboration et une influence réciproque entre les différents artistes. Architectes, peintres et sculpteurs doivent réapprendre à connaître et à comprendre la structure complexe d'une œuvre architecturale dans sa totalité et ses composantes ; leurs œuvres se rempliront alors spontanément de l'esprit architectonique qu'elles avaient perdu en devenant art de salon. Architectes, sculpteurs, peintres, nous devons tous redevenir artisans. Car l'art n'est pas un « métier ». Il n'y a pas de différence essentielle entre l'artiste et l'artisan. L'artiste est une sublimation de l'artisan [...]. Le principe de base du travail artisanal est cependant indispensable à chaque artiste. C'est là que se trouve la source de l'activité créatrice. Créons donc une nouvelle corporation d'artisans, écartant la présomption qui, en séparant les classes, voulait élever un mur d'orgueil entre artisans et artistes. Créons la nouvelle architecture de l'avenir qui réunira en une même forme architecture et sculpture et peinture, qui s'élèvera un jour vers le ciel, jaillissant des millions de mains des artisans, symbole transparent d'une foi naissante. » (Manifeste inaugural, 1919.) Partant, l'enseignement au Bauhaus, qui voulait intégrer toutes les recherches, comprenait trois périodes.
Le Vorkurs ou Vorlehre, qui durait six mois, permettait de choisir les candidats selon leurs aptitudes, appréciées d'après les travaux fournis, et de les orienter. L'élève passait par toutes les sections – simplifiées – du Bauhaus, où il recevait un enseignement pratique (maniement des différents matériaux, exercices d'écriture automatique) et théorique (lois de base du dessin, analyse de tableaux anciens), destiné à favoriser les facultés créatrices et à le libérer du poids des conventions. On insistait sur l'observation et la représentation, objective et subjective, de la nature. Ce cours était dirigé par Johannes Itten, qui y développait la méthode qu'il avait mise au point à Vienne, où Gropius l'avait rencontré peu avant 1919.
L'élève recevait ensuite pendant trois ans une instruction pratique et formelle (Werklehre et Formlehre) dans les différents ateliers du Bauhaus : peinture, sculpture, meuble, verre, métal, tissage, poterie, théâtre, peinture murale, architecture, typographie et reliure, chaque atelier étant dirigé en collaboration étroite par un artisan et un artiste : « Chaque élève et chaque compagnon a deux maîtres en même temps, un maître pour l'artisanat et un maître pour la création formelle [...]. L'apprentissage artisanal et l'enseignement théorique des formes sont fondamentaux, aucun élève ni compagnon ne peut être dispensé de l'un ou de l'autre. »

Bauhaus, Weimar Bauhaus, Weimar (Allemagne).

 Libéré de tout vernis scolaire, cet enseignement, auquel s'ajoutaient des conférences sur toutes les matières de l'art ancien et moderne et de la science (biologie, sociologie, etc.), était destiné à préparer au travail de la standardisation ; l'élève y débutait avec les outils et les méthodes les plus simples, ce qui lui permettait d'acquérir progressivement la compréhension et l'habileté qu'exige la machine. Gropius pensait qu'un retour à l'artisanat d'autrefois serait une erreur, artisanat et industrie devant bientôt se confondre. Dans cet esprit, un contact était cherché entre les différents ateliers du Bauhaus et les grandes entreprises industrielles : les apprentis les plus avancés faisaient de courts stages dans les usines, où ils s'initiaient aux méthodes courantes de production industrielle, aux procédés de fabrication, et apprenaient à calculer les prix de revient. À leur retour, ils rejoignaient l'atelier de recherches du Bauhaus et participaient à l'élaboration de prototypes et de brevets. Commercialisés, ces derniers apportaient un complément financier à la subvention accordée par la municipalité à l'institution. Au terme de cet apprentissage, l'élève exécutait son « chef-d'œuvre », afin d'obtenir le certificat de qualification, dispensé par le conseil du Bauhaus.
Les meilleurs étaient admis à l'atelier de recherches du Bauhaus, qui dispensait un enseignement de durée variable. Ils y étaient initiés aux secrets de l'architecture. Ils avaient accès à tous les ateliers, pour qu'ils n'ignorent rien d'un secteur du bâtiment, et ils subissaient de fréquents entraînements sur les chantiers mêmes, afin de pouvoir prendre conscience et de leurs responsabilités et de leur participation à l'œuvre commune. De plus, conseillés par les professeurs du Bauhaus, ces compagnons devaient effectuer quelques stages dans l'industrie et dans d'autres écoles d'ingénieurs et d'arts décoratifs en Allemagne. Au terme, ils recevaient leur diplôme d'architecte.
Le transfert du Bauhaus à Dessau permit de revoir la méthode de l'enseignement : le cours préparatoire, repris par Moholy-Nagy dès 1923, fut développé par Josef Albers. La dualité artiste-artisan disparut et chaque atelier fut dirigé par un seul maître. L'école, en effet, avait déjà six années d'existence et certains élèves, entièrement formés au Bauhaus, purent devenir professeurs. L'atelier de poterie dirigé par Gerhard Marcks disparut, les crédits manquant pour sa réinstallation.

•  Une esthétique nouvelle

Gropius déclarait qu'il aurait échoué dans son entreprise si, un jour, l'on pouvait parler d'un « Bauhausstil ». L'optique du Bauhaus étant de n'imposer aucun cadre théorique rigide et d'accueillir des artistes venus de tous les horizons esthétiques, de l'abstraction géométrique au surréalisme, on conçoit mal qu'un style qui lui eût été propre ait pu se dégager. Le Bauhaus a duré quatorze ans ; les principes d'enseignement sont restés à Dessau semblables à ceux de Weimar ; Moholy-Nagy, Schlemmer, Feininger, Klee, Kandinsky y enseignèrent pendant toute son histoire. Mais le Bauhaus n'était pas l'application abstraite d'une idée ; prenant chaque jour davantage conscience des problèmes de l'époque, il les résolvait au fur et à mesure qu'ils se présentaient ; s'il a évolué, c'est en clarifiant toujours plus sa méthode.
En 1919, le Bauhaus se trouvait à l'unisson de l'Allemagne : le manifeste inaugural s'ouvrait sur un bois gravé expressionniste (et symboliste) de Feininger. Les affiches de Peter Röhl annonçant les manifestations de l'école participaient de la même esthétique. Pourtant – et le fait doit être souligné – en dépit de son ouverture à toutes les tendances, le rationalisme finit par s'imposer au Bauhaus. Le passage de Theo Van Doesburg à Weimar en 1923 et les conférences qu'il y prononça ont peut-être modifié son évolution ; mais on remarquera que les élèves devenus professeurs à Dessau pratiquaient tous un art abstrait et géométrique, ainsi que le montrent les affiches de Joost Schmidt, les travaux de Josef Albers ou les tissus de Gunta Scharon-Stölzl. Cette évolution vers le constructivisme, sensible jusque dans l'œuvre d'un Feininger, fut l'une des raisons du départ de Johannes Itten en 1923.
Des maîtres aussi indépendants et personnels que Kandinsky et Klee exercèrent sans doute une influence profonde au Bauhaus, mais celui-ci ne fut pas sans agir à son tour sur leur œuvre, qui montre bien une évolution semblable. Le milieu dans lequel ils vivaient – Klee et Kandinsky, qui cherchaient le dialogue, avaient besoin d'un auditoire –, l'occasion qui leur était offerte d'enseigner – et l'on sait avec quel soin ils préparaient cours et conférences – leur permettaient d'exposer leur conception de l'art, par là de préciser leurs idées et de les appliquer ensuite. Des tableaux comme Ville italienne (1928), Incomposé dans l'espace (1929) et plus tard Ad Parnassum (1932) reflètent dans la peinture de Klee l'évolution du Bauhaus vers le constructivisme. Kandinsky devint de moins en moins gestuel et instinctif et le hasard disparut tout à fait de ses compositions. Les tableaux Accent rose (1926), Anguleux (1927), Étages (1929) qui n'est rien de moins que la coupe d'un bâtiment à ossature et planchers portants, témoignent d'une science accrue dans l'organisation. La réunion de tous ces esprits, leur émulation firent du Bauhaus, peut-être plus que les foyers parisiens ou hollandais, le centre de recherches de l'art contemporain entre les deux guerres. Les expériences y furent nombreuses : citons celles de Ludwig Hirschfeld-Mack sur les jeux de lumière ; elles passionnèrent Kandinsky, et l'écho s'en retrouve jusque dans un tableau de Klee, la Fugue en Rouge (datée de 1921), et dans la Composition spatiale d'Herbert Bayer (1925).
La représentation au théâtre de Dessau, en 1928, des Tableaux d'une exposition de Moussorgski, dans une mise en scène de Kandinsky, montre que théâtre et ballet occupèrent aussi une grande place parmi les activités du Bauhaus. Sous la direction d' Oskar Schlemmer, la mise en scène et le décor tendaient vers l'abstraction : conception graphique des costumes, ordonnance claire et stylisée du déplacement des personnages. On est aussi loin de l'expressionnisme que de Max Reinhardt.
Dans Idee und Aufbau des staatlichen Bauhauses Weimar, Gropius écrivait : « Nous voulons donner corps à une architecture claire et organique [...] qui soit à l'image du machinisme, du béton armé et de la construction accélérée, qui définisse elle-même fonctionnellement son sens et son but dans la tension des masses architecturales, qui se dégage de tout ce qui n'est pas indispensable et de tout ce qui masque la structure de l'édifice. Avec les nouveaux matériaux de construction, acier, béton, verre, qui ont plus de rigidité et de poids, avec les nouvelles constructions suspendues dont l'audace grandit toujours, le sentiment de la pesanteur, qui définissait très bien les édifices anciens, se modifie. Une nouvelle statique des lignes horizontales, qui tend à compenser la pesanteur, commence à se développer. Elle a pour conséquence de faire disparaître les édifices où les parties latérales s'ordonnaient symétriquement par rapport au corps central [...]. Une nouvelle théorie de l'équilibre naît qui transforme la précédente similitude des corps de bâtiment en un équilibre asymétrique et rythmique. » La définition vaut pour les bâtiments de Dessau, élevés deux ans plus tard. Le programme avait prévu l'installation d'une école avec ses salles de cours, d'exposition, de conférences et de spectacles, ses ateliers, son administration, son réfectoire et le logement de ses étudiants ; les professeurs devaient habiter non loin de là. Gropius différencia très clairement chacune de ces fonctions, sans pour autant les séparer. Il adopta, dans ce but, un plan fait de deux L combinés, qui permettait à la fois une répartition aisée des volumes et une grande facilité pour la circulation. Un soin particulier était porté sur le jeu des verticales et des horizontales ; déjà sensible dans les ateliers, l'école et le logement des étudiants avec ses six étages, ce jeu est encore souligné par la passerelle administrative, le réfectoire et l'amphithéâtre. Il n'y avait plus de façade principale et le point de vue unique était abandonné : l'accent était porté sur le rythme, changeant à chaque point cardinal. Entièrement meublé par Marcel Breuer, cet édifice, véritable manifeste de l'« architecture internationale » (titre choisi par Gropius pour un ouvrage paru dans les Bauhausbücher), affirmait clairement les principes que le Bauhaus finit par dégager à ce moment de son évolution.

3.  La pensée diffusée

Dès sa création, le Bauhaus provoqua de nombreuses réactions : une affiche placardée sur les murs de Weimar, « la ville de Goethe », demandait aux habitants de participer, le 22 janvier 1919, à une manifestation pour la défense de la Hochschule für bildende Kunst, « menacée de ruine par la prédominance exclusive d'une certaine tendance ». D'un autre côté, l'initiative de Gropius exerça un attrait considérable sur les artistes et les savants européens, puisque quelques-uns parmi les plus grands enseignèrent au Bauhaus ou lui rendirent visite (Theo Van Doesburg, Marcel Duchamp, Albert Gleizes, El Lissitsky, Amédée Ozenfant) ou le soutinrent (Arnold Schönberg, Béla Bartók, Max Reinhardt, Albert Einstein). Le succès des fêtes continuelles qui y étaient données témoigne de sa vitalité. L'orchestre de jazz du Bauhaus, les bals costumés, prétexte à toutes les fantaisies, les représentations théâtrales et les ballets sont restés célèbres.
Mais, dès 1919, on parlait de « bolchevisme culturel à extirper ». L'évolution du Bauhaus, selon la volonté de Gropius et dans un esprit identique à celui de Le Corbusier, le conduisait à rechercher des standards. Craignant une uniformisation du décor, les individualistes rejetèrent en bloc l'institution. Vers 1950 encore, on verra Frank Lloyd Wright résumer ainsi ce point de vue : « Ces architectes du Bauhaus ont fui le totalitarisme politique en Allemagne pour venir installer leur propre totalitarisme dans le domaine de l'art aux État-Unis [...]. Pourquoi me méfier de l'« internationalisme » comme du communisme et pourquoi le défier ? Parce que tous deux doivent, d'après leur nature, conduire au même nivellement, au nom de la civilisation... [Ces architectes] ne sont pas des gens sains. » De fait, les milieux conservateurs, qui ne pouvaient manquer d'associer innovation avec « communisme », chassèrent le Bauhaus de Thuringe.
Pourtant, en août 1923, la Semaine du Bauhaus avait partout suscité un bel enthousiasme. À la demande du gouvernement provincial, une exposition avait été organisée autour du thème : « Art et Technique : une nouvelle unité », qui permit de faire le point de quatre ans d'activité. Les manifestations les plus variées eurent lieu, dont la représentation au théâtre de Weimar de l'Histoire du soldat de Stravinski et du Ballet triadique d'Oskar Schlemmer ; mais la maison Am Horn resta la réalisation la plus commentée : conçue par Gropius, qui laissa Georg Muche la réaliser, elle était de plan carré, les pièces s'organisant autour de la salle de séjour centrale ; elle était entièrement meublée et décorée par les ateliers du Bauhaus.
Déclaré « antigermanique » et « dégénéré », le Bauhaus cessa toute activité en 1933. Pourtant, il continua et continue encore aujourd'hui à avoir une influence dans tous les milieux artistiques (et industriels). De nombreuses écoles européennes ont adopté ses méthodes : l'Académie Műhely à Budapest, avant-guerre ; la Hochschule für Gestaltung fondée par Max Bill à Ulm, après-guerre. En recevant les principaux animateurs de Dessau, les États-Unis ont recueilli l'héritage du Bauhaus : Gropius fut nommé à la Harvard University et Mies van der Rohe à l'Illinois Institute of Technology ; Moholy-Nagy, en 1937, créa à Chicago le New Bauhaus, repris après sa mort par Serge Chemayeff sous le nom d'Institute of Design. Josef Albers enseigna au Black Mountain College, puis à la Yale University.
Pour sa part, l'industrie comprit le profit qu'elle pouvait retirer de l'idée du Bauhaus, selon laquelle un objet bien dessiné se vend mieux ; les nombreux objets produits au Bauhaus (tissus d'Anni Albers, luminaires de Marianne Brandt...) n'ont rien perdu de leur actualité ; les meubles tubulaires de Marcel Breuer – notamment ses chaises en cantilever – qui furent les premiers sont encore édités aujourd'hui et copiés sans vergogne


Chaises, M. Breuer, Bauhaus Chaises. Exposition du Bauhaus en 1925. La chaise B32 de Michel Breuer. 

Enfin, le Bauhaus a largement favorisé le développement de l' art abstrait par la publication, dans la remarquable série des Bauhausbücher, des écrits de peintres : Grundbegriffe der neuen gestaltenden Kunst de Theo Van Doesburg (1925) ; Du cubisme de Gleizes (1928) ; Punkt und Linie zu Fläche de Kandinsky (1926) ; Pädagogisches Skizzenbuch et Wege des Natursstudiums de Klee (1925) ; Die gegenstandlose Welt de Malevitch (1927) ; Die Neue Gestaltung de Mondrian (1925). Moholy-Nagy, Albers et Hirschfeld-Mack, par leur œuvre et leurs recherches sur le mouvement, la couleur, la lumière et les illusions d'optique, ont posé tous les principes de l'«  art cinétique » qu'un Schöffer et un Vasarely développèrent, parmi d'autres, quelque vingt-cinq ans plus tard. Les architectes Breuer et Bayer, entièrement formés au Bauhaus, ont depuis confirmé leur valeur ; avec Gropius et Mies van der Rohe, ils ont, de travaux en travaux, en formant des disciples comme Paul Rudolph et Philip Johnson, contribué à répandre partout dans le monde le « style international » (selon l'expression de H. R. Hitchcock) qu'ils avaient créé avec les architectes français et hollandais vers les années vingt.
Pour chaque siècle, il est quelques moments privilégiés qui résolvent les questions et déterminent l'avenir : tel apparaît le Bauhaus. Il a contribué, pour un temps, à débarrasser l'art allemand de son angoisse romantique et de son pathos mystique. Par-delà, sur le plan international, il a fait prendre conscience des problèmes posés à l'art de notre époque et établi quelques-unes des réponses les plus fécondes. En ce sens, on peut même voir dans son action l'affirmation d'une morale. Souhaitant rapprocher théorie et pratique et retrouver une unité entre l'art et les diverses activités humaines, le Bauhaus rejoignait l'ambition de tous les grands mouvements de pensée novateurs de l'histoire. À ce titre, il se présente bien comme le Grand Atelier du xxe siècle.

Serge LEMOINE