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mercredi 2 février 2011

Liste d' oeuvres à étudier classes de cinquiéme

Giovanni Anselmo, Senzo titolo (Struttura che mangia), 1968
Jannis Kounellis, Senza titolo, 1969
Mario Merz, Igloo de Giap, 1968
Pino Pascali, Le penne di Esopo, 1968
Giuseppe Penone, Soffio 6, 1978
Michelangelo Pistoletto, Metrocubo d’infinito, 1965-66
Gilberto Zorio, Per purificare le parole, 1969

http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-ArtePovera/ENS-ArtePovera.htm

http://www.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-oeuvre-espace/ENS-oeuvre-espace.htm

Louise Bourgeois, Precious Liquids, 1992
Georges Braque (1882-1963)
 Le Viaduc à l’Estaque, 1908
Henri Matisse (1869-1954) Grand Intérieur rouge, Vence, 1948
Vassily Kandinsky (1866-1944) Impression V (Parc), 1911
Huile sur toile
106 x 157,5 cm

Jean Dubuffet (1901-1985) Le Voyageur sans boussole, 1952
Huile sur isorel
118,5 x 155 cm
Gerhard Richter (1932) Chinon n°645, 1987
Huile sur toile
200 x 320 cm
François Rouan (1943) Bosco in basso continuo, 1979-1980
Huile sur toile
180,5 x 255 cm 
Anselm Kiefer (1945) La vie secrète des plantes, 2001-2002
Ensemble de 10 tableaux, branchage, gesso, fil de fer, plomb, toile
380 x 1 500 cm
Jean Dubuffet Jardin d’hiver, 1968-1970
Environnement
Polyuréthane sur epoxy
480 x 960 x 550 cm
Bruce Nauman (1941) Going around the corner Pièce (Prendre le tournant), 1970
Installation vidéo : 4 cameras vidéo, 4 moniteurs noir et blanc
324 x 648 x 648 cm

Giuseppe Penone (1947)  Respirare l’ombra (Respirer l’ombre), 2000
Cages métalliques, feuilles de laurier, bronze
Installation 2001 : 180 cages
4 formats de cage :
117 x 78 x 7 cm ; 100 x 78 x 7 cm ; 78 x 78 x 7 cm ; 50 x 78 x 7 cm

Christian Boltanski (1944) Réserve, 1990
Installation
Tissus, lampes, dimensions variables
Joseph Beuys (1921-1986) PLIGHT, 1985
43 éléments de 5 rouleaux (chacun) en feutre, piano à queue, tableau noir, thermomètre
310 x 890 x 1 813 cm

Ugo Rondinone (1963)  The evening passes (…), 1998
Installation mixte
10 m x 10 m x 4 m (minimum)

Joan Miró (1893-1983) Bleu, I, II, III, 1961
Huile sur toile,
270 x 355 cm ; 270 x 355 cm ; 268 x 349 cm

Daniel Buren (1938) Les Couleurs : sculptures, 1975-1977
Sous-titre : Quinze pièces différentes et de trois fois cinq couleurs différentes
Tissu acrylique découpé en bandes égales blanches et colorées (bleu ciel, jaune, orange, rouge, vert de 8,7 cm de large chacune)
Dimensions de chacun des 15 éléments : 150 x 300 cm

Richard Serra (1939) Corner Prop n° 7 (for Nathalie), 1983
Assemblage de 2 plaques
Acier
280 x 270 x 200 cm

la peinture des montagnes du Tibesti par Jean Vérame
"Spirale Jetty"Robert Smithson - 500M de long - sur le lac Salé
Walter De Maria 400 poteaux d'acier attirant la foudre dans le désert du Névada
durables mais souvent éphémères : feuilles, fleurs, neige, glace par Andy Goldsworthy ou Nils Udo
 
Christo emballe le Pont Neuf
 Buren  Place du Palais royal
 Ligne d'ardoises de Richard Long à Bordeaux
Andy Goldsworthy, arch.

Visite virtuelle de la chapelle sixtine

http://www.vatican.va/various/cappelle/sistina_vr/index.html

mardi 1 février 2011

Reliquaire évaluation classe de quatrième

La Renaissance artistique est une composante de la Renaissance qui est une période de renouveau littéraire, artistique, et scientifique qui se produisit en Europe au XVIe siècle.
Un des aspects essentiels de la Renaissance en tant que période est le renouvellement des thèmes et de l'art en Europe après le Moyen Âge. Donner des repères chronologiques précis pour ce mouvement artistique est difficile. Il est couramment admis que la Renaissance artistique commence en Italie au XIVe siècle puis se diffuse dans le reste du continent, à des rythmes et des degrés différents selon la géographie. Elle est le résultat de l'arrivée massive de scientifiques, architectes, artistes et intellectuels en provenance de la cour du Sultan. Les troubles qui sévissent à Constantinople incitent au départ. La fine fleur de l'ancien empire Byzantin qui égayait la cour du sultan va importer en Europe l'astronomie, les mathématiques mais aussi la poésie et les arts graphiques.
Elle se prolonge au XVIe siècle et atteint alors dans de nombreux pays son apogée. La Renaissance ne constitue pas un retour en arrière : les techniques nouvelles, le nouveau contexte politique, social et scientifique permettent aux artistes d'innover. Pour la première fois, l'art pénètre dans la sphère du privé : les œuvres ne sont plus seulement commandées par le pouvoir religieux ou séculier, mais entrent dans les maisons bourgeoises.




Léonard de Vinci, page de croquis sur l'anatomie humaine « L'homme de Vitruve »
Une traduction du texte de la page de Da Vinci
«  […] que la Nature a distribué les mesures du corps humain comme ceci.
Quatre doigts font une paume, et quatre paumes font un pied, six paumes font une coudée : quatre coudées font la hauteur d’un homme. Et quatre coudées font un double pas, et vingt-quatre paumes font un homme ; et il a utilisé ces mesures dans ses constructions.
Si vous ouvrez les jambes de façon à abaisser votre hauteur d’un quatorzième, et si vous étendez vos bras de façon que le bout de vos doigts soit au niveau du sommet de votre tête, vous devez savoir que le centre de vos membres étendus sera au nombril, et que l’espace entre vos jambes sera un triangle équilatéral.
La longueur des bras étendus d’un homme est égale à sa hauteur.
Depuis la racine des cheveux jusqu’au bas du menton, il y a un dixième de la hauteur d’un homme. Depuis le bas du menton jusqu’au sommet de la tête, un huitième. Depuis le haut de la poitrine jusqu’au sommet de la tête, un sixième ; depuis le haut de la poitrine jusqu’à la racine de cheveux, un septième.
Depuis les tétons jusqu’au sommet de la tête, un quart de la hauteur de l’homme. La plus grande largeur des épaules est contenue dans le quart d’un homme. Depuis le coude jusqu’au bout de la main, un cinquième. Depuis le coude jusqu’à l’angle de l’avant bras, un huitième.
La main complète est un dixième de l’homme. Le début des parties génitales est au milieu. Le pied est un septième de l’homme. Depuis la plante du pied jusqu’en dessous du genou, un quart de l’homme. Depuis sous le genou jusqu’au début des parties génitales, un quart de l’homme.
La distance du bas du menton au nez, et des racines des cheveux aux sourcils est la même, ainsi que l’oreille : un tiers du visage. »


Sciences et arts

Des progrès furent marqués en médecine et en anatomie, en particulier après la première traduction de nombreuses œuvres antiques d'Hippocrate et de Galien aux XVe et XVIe siècles, et les avancées réalisées sous l'égide des auteurs antiques comprennent la résolution d'équations du troisième degré et les découvertes astronomiques de Nicolas Copernic, de Tycho Brahe et de Johannes Kepler. À la fin du XVIe siècle, Galilée avait franchi le pas et appliqué les modèles mathématiques à la physique. La géographie fut transformée par une nouvelle connaissance empirique dérivée des explorations au-delà de l'Europe et des premières traductions des œuvres antiques de Ptolémée et de Strabon. Le savoir est ensuite appliqué en dessin, en peinture et en sculpture, comme en témoignent la célèbre représentation de l'Homme de Vitruve par Léonard de Vinci ou les gravures de Dürer. Il est alors possible de définir un système de proportions idéales et de représenter fidèlement un corps humain. Les tableaux et les fresques sont plus réalistes qu'au Moyen Âge.

Les mécènes permettent aux artistes d'exercer leur art


Verrochio, Buste de Laurent de Médicis, un mécène. Conservé à la National Gallery of Art, Washington DC
Les cours princières sont les lieux privilégiés de l'épanouissement de la culture renaissante. Dans le domaine artistique, de nombreux mécènes ont constitué d'importantes collections. Ils appartiennent tous à l'aristocratie du pouvoir (princes, ducs, rois, pape) et de l'économie (grands marchands qui investissent leur argent dans la production artistique).

1. Quels sont les facteurs qui ont permis la Renaissance ?
  1. Comment le mécénat a-t-il permis l'épanouissement de la culture renaissante ?
  2. Deux œuvres vous sont présentées. Quelle est la nature de chacune d'elles ?
  3. Quels sont leurs points communs.
  4. Quelles différences majeures ont-elles avec les œuvres d'art du Moyen-Age ?
  5. Que représente l'homme de Vitruve ?
  6. L'homme de Vitruve : quel est le rapport entre le texte et le dessin ?

Psyché évaluation classe de sixième

L’Antiquité gréco-romaine et sa mythologie ont été, à différentes périodes,  une importante source d’inspiration pour les artistes ; la Renaissance d’abord aux XVe et XVIe siècles, puis la période classique comme l’époque baroque au XVIIe siècle  et la phase néo-classique aux XVIIIe et début du XIXe. La diversité des thèmes (légendes, divinités) comme la multiplicité des décors antiques ont fourni le sujet de bien des œuvres d’art et affirmé la prédominance de la culture gréco-latine.

Psyché (en grec ancien Ψυχή / Psykhế)


Psyché est la fille d'un roi. Elle a deux sœurs aînées. Les trois jeunes femmes sont d'une extrême beauté, mais seules les deux sœurs de Psyché trouvent un époux. Les autres prétendants trouvent Psyché de toute beauté, ils lui vouent même des cultes, adorent la contempler mais ne la demandent jamais en mariage. En effet, la jeune princesse est tellement belle que des milliers de personnes viennent la contempler et l'adorer comme une divinité. Aphrodite, jalouse de la beauté de la jeune fille et offensée par un tel sacrilège, ordonne à Éros de la rendre amoureuse du mortel le plus méprisable qui soit. Cependant, alors que le dieu s'apprête à remplir sa mission, il tombe lui-même amoureux de Psyché en se blessant avec l'une de ses propres flèches.
Le père de Psyché, désespéré de voir que sa fille ne trouve pas d'époux, se rend à Delphes pour supplier Apollon de permettre à Psyché de se marier. La Pythie est catégorique : Psyché doit être abandonnée sur un rocher au sommet d'une colline, où viendra la chercher son futur époux, un monstrueux serpent volant. Apeuré mais résigné, le père de Psyché exécute les ordres divins et abandonne Psyché à son funeste destin. Cependant, Zéphyr, le doux vent de l'ouest, emporte la jeune femme jusqu'à une merveilleuse vallée. Il dépose délicatement la princesse dans l'herbe tendre, non loin d'un magnifique palais fait d'or, d'argent et de pierres précieuses. Psyché y pénètre et y découvre un savoureux festin qui l'attendait. Après ce repas, elle s'endort dans une chambre somptueuse.
Plus tard dans la nuit, son mystérieux époux (Éros) la rejoint, lui demandant de ne jamais chercher à connaitre son identité, cachée par l'obscurité de la chambre. Toutes les nuits, il lui rend visite puis la quitte avant l'aurore. La jeune femme apprécie de plus en plus les étreintes et les mots doux qu'ils échangent alors. Rien ne manque au bonheur de Psyché, si ce n'est de connaître le visage et le nom de son amant nocturne, et de revoir sa famille. Ses deux sœurs, amenées au palais par Zéphyre, sont folles de jalousie face à tant de richesse et de bonheur. Elles cherchent à persuader Psyché que son époux n'est rien d'autre qu'un horrible monstre qui finira par la dévorer. Terrifiée à cette idée, elle profite du sommeil de son amant pour allumer une lampe à huile afin de percer le mystère. Elle découvre alors le jeune homme le plus radieux qu'elle ait jamais vu. Mais une goutte d'huile brûlante tombe sur l'épaule du dieu endormi, qui se réveille aussitôt et s'enfuit, furieux d'avoir été trahi.
L'Enlèvement de Psyché, par William Bouguereau
Folle de chagrin et de remords, Psyché se jette dans une rivière. Mais la rivière compatissante la dépose sur la berge, où est assis le dieu Pan. Ce dernier conseille à Psyché de tout faire pour reconquérir l'amour d'Éros. Alors la princesse part à la recherche de son amant. Elle erre de temple en temple, sans succès. Enfin, elle parvient au palais d'Aphrodite, qui la soumet à toutes sortes d'épreuves, comme une esclave :
  • D'abord elle doit trier, en une soirée, un énorme tas de grains de variétés différentes. Par bonheur, des fourmis, prises de pitié, l'aident à accomplir sa tâche et le tas est trié à temps.
  • Ensuite, elle est contrainte de rapporter à Aphrodite de la laine de moutons à la toison d'or, qui paissent dans un pré au-delà d'une dangereuse et profonde rivière. Un roseau, ému par l'infortune de la jeune femme, lui indique la marche à suivre.
  • Puis elle doit rapporter de l'eau du Styx, puisée à même la source. Cette dernière se situe au sommet d'une haute montagne gardée par des dragons. Cette fois, c'est l'aigle de Zeus (le dieu des dieux) qui vient au secours de Psyché, tandis qu'elle gravit la montagne. L'aigle va remplir une fiole avec de l'eau du Styx, et la remet à Psyché.
  • Enfin, la jeune femme doit mettre dans une boîte une parcelle de la beauté de Perséphone, la reine des Enfers. Épuisée, Psyché est à nouveau tentée de mettre fin à ses jours. Elle est sur le point de se jeter du haut d'une tour, quand soudain la tour commence à lui parler, la convainc de rester en vie et lui indique même comment réussir cette épreuve. Ainsi elle parvient à récupérer une parcelle de la beauté de Perséphone. Mais sa curiosité la perd une seconde fois : pensant que la beauté de la déesse l'aidera à reconquérir Éros, Psyché ouvre la boîte et aussitôt, plonge dans un profond sommeil, pareil à la mort.
Entre-temps, Éros s'est échappé du palais de sa mère, qui l'y avait enfermé. Toujours épris de Psyché, il la ranime doucement avec la pointe d'une de ses flèches. Puis il l'emmène devant Zeus en personne, qui convoque les dieux de l'Olympe (dont Aphrodite, enfin apaisée) et annonce publiquement le mariage d'Éros et Psyché. Celle-ci est invitée à consommer l'ambroisie, ce qui lui confère l'immortalité. Le dieu et la nouvelle déesse sont alors unis en présence de tout le panthéon, et un merveilleux banquet s'ensuit.
Quelque temps plus tard, Psyché donne à Éros une fille, nommée Volupté. L'amour (Éros) et l'âme (Psyché) sont ainsi réunis pour l'éternité.


  1. Quel est la nature des deux oeuvres présentées ?
  2. Qui sont les deux personnage ?
  3. Psyché est elle une déesse ? Argumentez.
  4. Relevez quatre points communs entre ces deux oeuvres
  5. Quel est l'atitude des deux personnages ?
  6. Que symbolise ce couple ?

Fiches d'études d' Oeuvres

 Deux exemples de fiche d'étude d'oeuvres glanné sur le web.


Mode d’emploi
de la fiche-élève LIRE UNE IMAGE
Sujet
Dire en quelques mots quel est le sujet de l’image. L’idéal est de lui donner un titre voire
un sous-titre.
Impression
Préciser quelle est la première impression que fait cette image, quelle réaction elle
provoque. La noter par écrit. Si l'image est réussie, l'analyse des caractéristiques
techniques permettra de comprendre comment cette image a créé en nous cette
impression première
Technique
De quel type de représentation s’agit-il ? Peinture, statue, dessin, gravure, photo, etc.
Format
Dimensions de l’image en réalité. Il n'est pas toujours facile de répondre à cette question.
Mai elle mérite d'être posée. Peu de gens ont vu Guernica et ils en ignorent donc les
véritables dimensions, or la taille de cette oeuvre est un de ses éléments marquants.
Contexte
Où l’image est-elle normalement vue ? Musée, panneau publicitaire, magazine, album de
famille, décoration d'un intérieur ou d'une institution, etc.
Cadre
Valeur de cadre ? Gros plan, plan rapproché (plan poitrine ou plan taille), plan américain,
plan moyen, plan ½ ensemble, plan d'ensemble (ou plan général)
Angle
Plongée, contre-plongée, angle plat
Lumière
D’où vient la lumière (les lumières) ? Quelle est son intensité ? Est-elle naturelle ou
artificielle ? naturaliste ou spectaculaire ?
Couleur
Couleur(s) dominante(s), intensité(s), nuances, etc.
Composition
Comment l’image est-elle structurée ? (Faire un croquis)
points forts de l’image (ligne des tiers, nombre d’or)
lignes : parallèles, perpendiculaires, cercle, triangle
s’il n’y a pas de ligne visible : zones d’ombre, de lumière, de couleur.
Profondeur
Y a-t-il une grande ou une faible profondeur de champ ?
Perspective
L’image donne-t-elle-l’impression d’être plate? Suggère-t-elle au contraire qu’elle est en
trois dimensions?
Dénoté
Décrire l’image le plus objectivement possible : préciser quel est indiscutablement le
contenu de l’image
Connoté
Dire ce que l’image suggère pour vous (donc de façon très personnelle et subjective)





Analyser une image

Sujet


Impression

Technique

Format

Contexte

Cadre

Angle

Lumière

Couleur


Composition
&
Profondeur

Dénoté

Connoté



Expression libre

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L' annonciation, Fra Angelico

L'annonciation




Fiche d'identité

L'annonciation Fra Angelico 1433 Retable 150/180 cm

Fra Angelico

Guido di Pietro est né en 1387 dans le petit village toscan de Vicchio di Mugello. Son enfance et sa prime jeunesse nous restent inconnus. Il devient frère dominicain observant à Florence et dès 1423 est connu comme peintre sous le nom de Frate Giovanni di San Domenico da Fiesole. Il recevra plus tard le surnom de Fra Angelico et après sa mort celui de Beato Angelico.

C'est à Florence qu'il étudie la peinture à une époque où s'est amorcé un grand tournant dans cet art, particulièrement par l'introduction des règles de la perspective qui donnent dorénavant de la profondeur dans les tableaux.

En 1436, Fra Angelico est transféré au couvent de San Marco de Florence. Les Médicis financent la restauration des bâtiments et le chargent d'en exécuter la décoration. C'est ainsi qu'une grande partie de l'oeuvre du peintre n'est visible que dans ce couvent qui a été transformé en musée.

Le talent de Fra Angelico atteint une telle renommée que le pape Eugène IV l'appelle à Rome pour décorer la chapelle du Saint Sacrement de la Basilique Saint Pierre.
En 1450, il devient archiprêtre de Florence et est une fois demandé à Rome pour réaliser les peintures de la chapelle de Nicolas V. C'est dans cette ville que le moine décède en 1450. il est enterré dans l'église de Sainte Marie de Minerve.

Jean-Paul II l'a béatifié en 1984 et l'a déclaré Saint Patron des Artistes.



Ses influences

Le talent de Fra Angelico s'est révélé très tôt et à 20 ans, le tout jeune moine est déjà un peintre confirmé.
A son entrée au couvent, il exerce d'abord son art en réalisant les enluminures des missels mais très vite il préférera s'exprimer sur des retables ou dans les fresques murales.

Il utilise la détrempe, peinture dont les pigments sont liés avec du blanc d'oeuf ou de la gomme d'arbre par exemple.

Si ses premières oeuvres gardent les caractéristiques de la peinture médiévale, elles vont rapidement évoluer lorsque l'artiste va étudier les nouvelles techniques. Ce début de la Renaissance a vu en effet naître un nouveau courant artistique rompant avec l'art gothique. C'est Giotto en particulier qui va se dissocier des représentations traditionnelles, privilégiant la réalité des traits par rapport à la beauté allégorique et en introduisant la perspective.

Fra Angelico était un homme principalement tourné vers Dieu et vers les préceptes de son ordre : pauvreté et ascétisme. Devant le relâchement des règles dominicaines, il va s'attacher à empreindre chacune de ses toiles d'un profond mysticisme. On remarque cette volonté principalement dans les fresques ornant les cellules du couvent San Marco, elles sont souvent dépouillées à l'extrême afin que rien ne vienne distraire les pensées des occupants des chambres et pour les aider à centrer leur existence sur les Mystères.

Il attache également beaucoup d'importance aux jeux de lumière et des couleurs pour magnifier les personnages et parfois certains éléments de la nature.
L'annonciation de CortoneUn des thèmes fréquemment abordés par Fra Angelico est celui de l'Annonciation dont voici quelques exemples :

L'Annonciation exposée au Musée diocésain de Cortone, datant de 1433/34. Dans ce tableau, le point central est occupé par la porte de la chambre et par le rideau rouge qui la dissimule, pouvant symboliser le sang que la Vierge est prête à verser. Cette composition illustre le Mystère de l'Incarnation. Le dialogue entre la Vierge et l'Ange s'inscrit en lettres d'or. La réponse de Marie est transcrite de droite à gauche et à l'envers, une partie de la phrase est dissimulée par la colonne. Cette phrase est donc illisible pour le spectateur mais est tournée de manière à être comprise de Dieu. Dans le lointain, on peut voir Adam et Eve chassés du Paradis et à gauche de la scène principale, Fra Angelico a représenté le jardin de Marie.




L'annonciation de San Marco (1)

L'Annonciation : fresque murale décorant la cellule 3 du couvent San Marco de Florence, datant de 1440. la composition est ici extrêmement simplifiée. La maison et le jardin ont laissé place à une cellule sans aucun ornement. Les couleurs en demi-teintes achèvent de donner une impression de dépouillement. Sur la gauche se profile la silhouette de Saint Pierre.



L'annonciation de San Marco (2)

L'Annonciation fresque située dans le couloir sud du couvent de San Marco, datant de 1450. Cette peinture a été réalisée par Fra Angelico dans les dernières années de sa vie et plusieurs années après les autres fresques du couvent. Elle se situe entre la simplicité de la fresque de la cellule 3 et les oeuvres des musées du Prado et de Cortone. Le jardin est de nouveau présent et la Vierge est peinte dans une maison et non une cellule. Marie et Gabriel sont en grande conversation et on peut remarquer que celui-ci a une attitude plus soumise et plus respectueuse alors que dans les autres tableaux il domine la Vierge. La lumière éclaire l'intérieur de la pièce, soulignant ainsi l'importance de l'échange entre les deux personnages.



L'annonciation du Prado

L'Annonciation exposée au Musée du Prado de Madrid, datant de +/- 1430. cette interprétation de l'Annonciation par Fra Angelico est certainement la plus riche en décors. Elle place également l'Ange Gabriel au centre de la composition. C'est lui le principal personnage et non Marie. Il faut noter également que la scène où Adam et Eve sont chassés du Paradis prend plus d'importance que dans les Annonciations plus tardives. Cette partie du tableau a par ailleurs été à l'origine d'une controverse. En effet certains théologiens refusent d'attribuer cette oeuvre à Fra Angelico déclarant qu'un homme autant tourné vers la religion et le mysticisme que lui n'aurait jamais représenté cette scène dans le jardin pur de Marie.

lundi 20 décembre 2010

ACADÉMISME

Le terme « académisme » se rapporte aux attitudes et principes enseignés dans des écoles d'art dûment organisées, habituellement appelées académies de peinture, ainsi qu'aux œuvres d'art et jugements critiques, produits conformément à ces principes par des académiciens, c'est-à-dire par les membres des écoles, qu'ils soient professeurs, étudiants ou partisans de leurs méthodes. Ce mot se rapporte donc à un milieu et aux produits de ce milieu. Comme les académiciens ont presque toujours adapté leur enseignement au goût de chaque époque, l'académisme n'est pas un style historique ; pour la même raison, ce n'est pas non plus un mouvement artistique.
Dans une acception plus commune, le terme sert à décrire des œuvres d'art habiles, intellectuellement ambitieuses, mais sans succès. C'est là utiliser le terme dans un sens péjoratif pour décrire les échecs des écoles, ce sens nie ou ignore les contributions faites par les académies à l'art occidental. Génie et talent sont innés, ils peuvent être raffinés par l'entraînement, mais non créés par des cours. Néanmoins, la peinture et la sculpture sont des arts manuels, et il faut bien en apprendre les techniques quelque part. Jusqu'à ces derniers temps, les académies avaient sagement limité leurs leçons à des connaissances objectives pouvant se réduire en règles et préceptes, et se démontrer par l'exemple. Que cette formation favorisait les talents plutôt qu'elle ne les écrasait est prouvé par la vitalité continuelle et la grande habileté technique d'artistes formés dans des académies depuis le xviiie siècle. La plupart des plus grands innovateurs du début du xxe siècle furent ainsi formés.
Le programme d'études des académies de peinture fut élaboré aux xve et xvie siècles par les artistes eux-mêmes, pour faire face aux exigences de la peinture humaniste de l'histoire. La formation traditionnelle des élèves n'avait pas assez insisté sur l'étude de la forme humaine. Les premières académies consistaient en réunions amicales de jeunes artistes, qui se rassemblaient durant leurs loisirs, pour s'enseigner mutuellement de nouvelles méthodes ou pour s'entraîner au dessin sur des modèles vivants. Les techniques de dessin qu'ils développèrent demeurèrent le fond de l'enseignement académique jusqu'à une époque récente. S'il existe un trait constant de l'art académique, c'est l'utilisation de la forme humaine comme véhicule premier de sens et d'expression.
Le danger de tout système d'enseignement est que les professeurs risquent de devenir des pédants et les habiletés techniques des règles. Une attitude critique, purement légaliste, en est souvent le résultat, produit d'esprits étroits plutôt que trop exercés, qualifié fréquemment d'« académisme ».
Les académies sont encore la source principale de la formation artistique. Le programme d'études est plus intuitif, d'une organisation moins rationnelle qu'auparavant, et leurs étudiants sont moins soumis à la discipline. L'ironie veut que cette atmosphère de liberté soit encore occasion d'intolérance envers des styles autres que ceux qui sont en vogue à l'heure actuelle.

1.  L'évolution de la formation académique. L'apprentissage

Avant la fin du xvie siècle, époque où furent fondées les académies, sculpteurs et peintres ne pouvaient apprendre leur profession qu'en étant « apprentis » de maîtres accrédités par la corporation locale. Ce système fonctionnait efficacement dans la plus grande partie de l'Europe, depuis environ 1350, et continua de pair avec le système académique jusqu'à la Révolution. On avait légalement défini la période d'apprentissage comme étant un stage pratique ; l'apprenti était plus un aide à la production qu'un étudiant. Celui-ci accomplissait des travaux serviles, et exécutait tout d'abord les besognes les plus élémentaires de la routine d'atelier. Il préparait les outils et matériaux, et apprenait à dessiner en copiant sur le cahier de modèles de son maître. En fait, avant la fin de son apprentissage, il travaillait aux ouvrages ébauchés par son maître et les finissait. Les œuvres d'artistes formés à ce système témoignent naturellement d'une uniformité locale dans les techniques, matériaux, style et iconographie.
Ce système, qui se perpétuait facilement de lui-même, se heurta en Italie, au xve siècle, au mouvement humaniste. Cet enthousiasme pour l'Antiquité fut aussi ressenti par les peintres, qui essayèrent d'égaler les réalisations artistiques des Anciens, parfois seulement connues par les textes. On découvrit – ou plutôt, on ressuscita – la perspective ; l'anatomie et les draperies des statues antiques furent étudiées, et les dieux furent remis à l'honneur. En Toscane, le style narratif acquit un ton nouveau d'unité et de conviction.
Un grand nombre de ces nouvelles techniques étaient si complexes et si difficiles que seuls des spécialistes pouvaient les enseigner ; il est certain qu'on n'avait pas le temps de les étudier durant les heures productives de l'atelier. L'habitude de fonder des académies de peinture – qui consistèrent d'abord en petits groupes d'études, puis devinrent des écoles spéciales privées que dirigeaient les peintres eux-mêmes, et dans lesquelles on pouvait apprendre les nouvelles méthodes et théories – s'étendit largement. Vers 1550, même les peintres les plus médiocres d'Italie étaient capables d'exécuter des prouesses de raccourci, perspective, et de maîtriser la lumière, avec un brio qui aurait confondu les plus grands génies du siècle passé. Ainsi, longtemps avant que les académies officielles ne fussent fondées, leur programme d'enseignement avait été élaboré et fixé.

2.  La formation de la théorie académique

Une théorie humaniste de l'art fut inventée ou exprimée pour la première fois, avec une clarté remarquable, par Leon Battista Alberti dans son traité Della pittura, écrit aux alentours de 1435. Comme aucune théorie antique de l'art, susceptible de servir de modèle, n'avait survécu, l'humaniste Alberti appliqua la théorie antique de la littérature à l'art. Le but de la peinture, comme celui de la poésie, était de procurer enseignement et plaisir, mais l'enseignement venait d'abord. On demandait aux peintres de choisir des scènes ou thèmes d'un contenu moral élevé, comparables à ceux que des poètes et rhéteurs utiliseraient. Comme le rhéteur, qui devait remuer son auditoire, l'artiste devait faire ressentir à son public les émotions exprimées par les personnages de ses tableaux.

Suivant la méthode des manuels de rhétorique, Alberti divisa son thème, la peinture, en trois parties. La première avait trait à la compositione, ce qui ne voulait pas dire, comme de nos jours, l'arrangement des masses et des lignes à la surface, mais, comme dans la théorie rhétorique, le développement de la narration sous son aspect le plus logique, le plus naturel. Dans ce champ conceptuel, l'histoire et sa présentation, sous forme visuelle, sont inséparables, synonymes. Ainsi, le choix du thème et sa représentation mentale sont la préoccupation fondamentale de l'artiste.
La seconde partie de la peinture est la conscrittione c'est-à-dire le dessin. En discutant cette question, Alberti donnait la première explication des lois de la perspective linéaire qui nous soit parvenue. La dernière partie, ricevere di lumi, ou couleur, est regardée comme un apport utile au dessin, l'addition finale qui doit donner la vérité au tableau.
La division d'Alberti demeure le fondement de la théorie de l'art et de l'enseignement académique, même après que Lessing aura séparé les théories poétiques et artistiques dans son Laocoon (1766). On sentait que la composition était trop personnelle pour qu'elle pût être enseignée, on laissait à l'étudiant le soin de l'étudier chez d'autres maîtres. La couleur avait presque toujours été la partie la plus faible, la plus négligée de la formation académique. Mais tout ce qui avait trait au dessin – perspective, proportion, anatomie, mouvement, draperie, cadre, décor, etc. – pouvait se réduire à des règles et techniques. En fait, durant des siècles, la plupart des académies furent simplement des écoles de dessin.
La vraisemblance qu'Alberti demandait pour convaincre l'œil, devait toujours être une ressemblance idéale de la nature. On étudiait la nature, mais, au lieu de la copier telle qu'elle était, on en choisissait le meilleur aspect pour former – dans son esprit ou sur la toile – une nature idéale, la « belle nature », comme on en vint à l'appeler. Les maîtres de l'Antiquité avaient atteint cette fin de présenter une nature perfectionnée, et leurs œuvres pouvaient guider les élèves. Aussi, dessinaient-ils alternativement d'après le nu, et d'après des moulages de l'antique, et cela jusqu'à une époque récente.

3.  Une théorie universelle de l'art

Les divisions d'Alberti dérivaient d'une ancienne méthode descriptive, appelée définition et division. Cette méthode aidait l'auteur à être ou à paraître complet, et le disciplinait à ne traiter qu'une question à la fois. Au Moyen Âge, cette méthode survécut dans la mesure où elle pouvait faciliter l'acquisition de techniques, et il existait des manuels – ars ou « art » – qui réduisaient le sujet à des lois et préceptes facilement appris. Certains humanistes de la Renaissance – malgré la nature aprioristique de la définition initiale – utilisèrent la méthode comme un instrument de description scientifique. Ce qui peut nous paraître un malentendu était la conséquence logique de la croyance chrétienne à la subordination divine de l'univers. Toute chose ou question devait seulement être correctement située dans le plan divin (interprété comme un système hiérarchique néo-platonicien ou lulliste) pour être comprise.
Le premier ars de peinture complète le Trattato dell'arte della pittura de Gian Paolo Lomazzo, publié à Milan, en 1584, élargit le cadre apologétique d'Alberti, et insère la peinture dans la cosmologie chrétienne.
Lomazzo glorifie l'activité intellectuelle du peintre. Pour lui, concevoir un tableau historique est analogue à un exercice de contemplation : après la lecture et l'étude, le peintre s'isolait, de préférence dans l'obscurité. Il se concentrait alors sur son sujet jusqu'à ce qu'il pût voir le tableau dans sa tête. À partir de cette idée, il passait rapidement au « croquis de l'idée », qui le guidait, à travers des études consécutives (d'anatomie, de mouvement, d'expression, de costume, de perspective, etc.), jusqu'à ce que son œuvre fût finie. Ainsi, Lomazzo sanctifie pratiquement ce qui n'avait été qu'une routine d'atelier, et formule la routine académique – et son vocabulaire – pour les siècles futurs. Le programme académique enseignait les techniques de dessin nécessaires pour transformer le disegno interno en un disegno esterno. Les lois de l'exécution, et la facilité de l'artiste à les suivre, l'aident à objectiver son idée dans son intégrité, sans perdre aucune fraîcheur. Mais, en tant qu'artiste, son acte le plus important, c'est la formation de l'idée dans son imagination.
Pendant deux ou trois siècles, presque toute la pensée académique, lois et procédés, put s'insérer quelque part dans le cadre du traité de Lomazzo, soit comme accomplissement, correction ou remplacement, mais on ne pouvait mettre en question le cadre lui-même sans que le rôle de Dieu dans l'univers le fût aussi. Quand la pensée académique devint dogmatique, on réduisit les choses à des règles absolues, elle le fut rationnellement à l'intérieur de ce cadre. Nous ne pouvons pas admirer les résultats, nous pouvons tout au moins en comprendre la genèse. Nous ne devons pas oublier avec quelle finesse et bonheur ce système théorique fut développé par Roger de Piles et mis en ordre.

4.  Les académies en tant qu'institutions

Les premières académies furent instituées par des artistes eux-mêmes : c'étaient alors des associations honorifiques destinées à valoriser la dignité de l'art. Les artistes prirent pour modèle les autres académies, scientifiques ou littéraires, du xvie siècle. Former de jeunes artistes semblait découler de leurs activités, ainsi que l'initiative d'expositions et l'attribution de bourses. Ces écoles institutionnalisèrent la formation exigée par la théorie artistique de l'époque et n'accordèrent que peu d'attention à la pratique de l'apprentissage. En conséquence, à leur début, il ne peut être question de la nature antiartistique et néfaste des académies de peinture. Par exemple, en 1664, Gian Lorenzo Bernini – membre de l'Académie de Saint-Luc à Rome – visite les cours de sculpture de l'académie nouvellement fondée à Paris. Ses commentaires aux étudiants furent aussi séditieux et originaux que le prêche d'un évêque à un groupe de confirmés.

5.  Le grand âge des académies

Les deux premières académies de peinture (Florence et Rome) furent fondées au xvie siècle ; quelques autres au xviie siècle, y compris l'académie française. Le xviiie siècle est l'âge où les académies furent vraiment florissantes. La plupart des princes, grands ou petits, d'Europe fondèrent des académies dans leurs États. L'absolutisme monarchique était en harmonie avec la théorie rationnelle des académies. Le programme d'enseignement demeure nominalement identique durant trois siècles, aussi bien dans les cours de théorie que dans les classes de dessin. Le système d'apprentissage fournissait encore la plus grande partie de la formation pratique.
Dans ces institutions officielles, la direction était plutôt relâchée. En beaucoup d'académies, les cours théoriques étaient irréguliers ou complètement omis, et les professeurs de dessin venaient rarement dans leurs classes. Le programme d'enseignement, qui avait été élaboré afin de favoriser l'exécution de tableaux historiques, s'était tellement systématisé en routines et règles qu'il avait perdu sa raison d'être. On enseignait aux élèves dans des leçons indépendantes comment dessiner des mains et des pieds ou des bouches et des yeux, etc. Ils perdaient de vue l'unité interne d'expression qu'une forme devait avoir. Leurs peintures, en particulier leurs tableaux historiques – avec des sujets choisis pour faire la preuve d'habiletés techniques plutôt que pour faire naître des émotions – ressemblaient à des assemblages d'études séparées, ce qu'elles étaient d'ailleurs.
Néanmoins, on produisit de bons artistes d'une grande compétence technique et les courants variés de la pensée du xviiie siècle – du néo-classicisme de Rome et de Madrid au rococo de Venise et de Paris – se maintinrent parallèlement et même à l'intérieur de ce système académique.

6.  Les réformes du XIXe siècle

Les doctrines d'individualisme et de liberté personnelle bouleversèrent l'absolutisme politique longtemps avant qu'elles ne produisissent un changement dans les académies. Ces « philosophes » de la fin du xviiie siècle, en attaquant la thèse selon laquelle génie et art pouvaient être soumis à des lois, avaient tourné en dérision les académies ; mais les artistes de l'époque semblaient heureux au sein de ce système. Il fallut attendre la remontée de l'idéalisme académique avec le mouvement réaliste au milieu du xixe siècle, pour que des artistes se rebellent. Après une certaine résistance, les académies acceptèrent le réalisme, mais dans un style objectif plutôt que subjectif. Pour les professeurs du réalisme académique du milieu du siècle, le réalisme entrait dans l'exécution, non pas dans la conception d'une peinture : ils ne dressaient pas leur chevalet devant la nature pour se mettre ensuite au travail, mais commençaient avec une idée, puis travaillaient d'après la nature, avec seulement plus de précision qu'auparavant. Les études de mouvement et d'anatomie de chevaux par Gérome, Meissonier et Thomas Eakins sont bien connues. Leurs tableaux historiques devinrent presque surchargés d'une précision qui, parfois, rendait l'ensemble insignifiant ou anecdotique. Progressivement, ces artistes s'intéressent de plus en plus à ce qu'ils voient et moins à ce qu'ils imaginent. Poursuivant un renouveau de l'iconographie profane de la Hollande du xviie siècle, ils produisirent, dans la lancée de Daumier, un style d'une grande chaleur et précis dans divers genres : scènes, bains, chasse et sports, vie sociale en public et au foyer. Les thèmes qu'ils développèrent devinrent des modèles pour la peinture de genre et la figure. L'objectivité de méthode et de vision, la perfection de la technique firent sortir de bons professeurs de ce groupe d'académiciens dans la seconde moitié du siècle ; ils sont tous célèbres pour la variété des styles qui se développèrent parmi leurs étudiants, car la plupart des chefs d'école du début du xxe siècle venaient de leurs académies : Picasso, Braque, Matisse, Léger, Kandinsky, Marc, Nolde, Beckmann, Klee, de Chirico, Mondrian, Dali, même la doctrine de l'expression personnelle semble avoir été enseignée pour la première fois par un académicien, Gustave Moreau.
Ce problème du réalisme était seulement l'un des problèmes que les académies eurent à considérer au xixe siècle. Vers 1800, le système des corporations avait complètement disparu, et au moment où les académies se trouvèrent remplies de gens qui ne voulaient pas être des artisans mais des « artistes », elles se trouvèrent aussi responsables de la formation totale de l'artiste, et non seulement du dessin. Dans toute l'Europe, les académies essayèrent de remplacer l'intimité du travail avec un artiste – dans le système d'apprentissage – par des cours dans lesquels des étudiants, déjà qualifiés, travaillaient un an ou plus sous la surveillance, ou même dans l'atelier, d'un professeur. Cette association étroite avec un artiste était souvent effacée par le grand nombre d'étudiants, et, pour la plupart d'entre eux, elle arrivait en tout cas trop tard dans leur développement. Au moment où on les encourageait à concevoir et à peindre des compositions tout seuls, ils étaient déjà trop attachés à des études individuelles de modèles. Les peintures historiques de la fin du xixe siècle ressemblent souvent à des combinaisons d'études de modèles. Ceux qui rompirent avec la routine académique ou l'abandonnèrent avant la fin des cours gardèrent les mêmes habitudes sinon les mêmes ambitions : les nus de Courbet et de Renoir ont presque toujours autant l'air d'œuvres faites en studio que ceux de Bouguereau.

7.  Techniques modernes

Les académies du xxe siècle sont presque toujours en harmonie avec leur époque, car elles doivent produire des étudiants capables de survivre dans un âge de compétition. La plupart des écoles de peinture essaient maintenant d'enseigner ce que les premiers académiciens auraient jugé incommunicable : la composition, la couleur, l'expression personnelle ; mais – et cela est assez bizarre – elles le font avec la théorie et les techniques issues d'une école d'arts industriels, celles du « Bauhaus ». Le dessin sur modèle vivant persiste presque comme un fossile dans ces institutions modernes ; ordinairement, on l'enseigne plutôt dans un cours d'introduction, avec plus de souci pour l'aspect esthétique du dessin que pour sa justesse. D'autre part, des techniques de dessin démodées sont enseignées presque intactes dans de nombreuses écoles d'art commercial.
Les académies ne disparaîtront pas, bien que toute méthode d'enseignement entretienne une tendance au dogmatisme, et malgré nos craintes d'écraser le génie ou le talent sous les lois. La peinture et la sculpture sont encore des « métiers », et il faut bien en apprendre les techniques quelque part. Si les critiques ne s'en rendent pas compte, pour les artistes c'est un fait évident.

Gerald M. ACKERMAN

Abstraction lyrique

ABSTRACTION LYRIQUE, peinture

Expression d'origine discutée, l'abstraction lyrique apparut en France vers 1947 et sert à désigner toutes les formes d'abstraction qui ne relèvent pas de l'abstraction dite géométrique. C'est ainsi qu'on l'a appliquée à l'action painting de Pollock, de même qu'aux premiers travaux de peinture gestuelle de Mathieu, lui-même tributaire de l'œuvre de Wols. Par la suite, le terme s'est étendu à l'expressionnisme abstrait américain (dont l'histoire propre est assez différente), puis au tachisme. Ces appellations ne sont pas synonymes en fait. Tout au plus pourrait-on dire que les diverses formes d'abstraction lyrique ont en commun une référence (pas toujours avouée) à la peinture de Kandinsky pendant les années 1913 et 1914. L'automatisme pratiqué par certains peintres surréalistes (Masson, plus tard Domínguez, Paalen et Matta, voire parfois Ernst) a influencé quelque peu l'abstraction lyrique. Étendue vers 1960, de manière excessive, à la peinture informelle, la notion d'abstraction lyrique s'est diluée en même temps que la mode passait au nouveau réalisme.
Gérard LEGRAND

Recherches demandés aux élèves

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*Picturalité

*Graphisme

*Figuration

*Réalisme

*Abstrait

*Hyéroglyphe

*Idéogramme

Réalisme

Réalisme


Le réalisme en peinture
Le réalisme est un mouvement artistique du XIXe siècle qui se déroule environ de 1830 à 1870. Il fait la transition entre le romantisme et l'impressionnisme. Il étudie la réalité dans son authenticité.
La révolution de Juillet contre la Seconde Restauration a des répercussions dans le domaine artistique : les conventions néoclassiques alors en vigueur sont rejetées et le réalisme s'affirme. Là où le néoclassicisme se référait à la pensée antique d'un idéal parfait, équilibré, mesuré, le réalisme veut montrer ce qu'il représente de manière objective. On peut rapprocher cette pensée des avancées techniques qui avaient alors lieu lors de la Révolution industrielle. Appliquant une méthode dérivée de la méthode scientifique, l'artiste s'attache alors à représenter ce qu'il voit et non plus des sujets académiques. Les paysans ou les gens du peuple deviennent des sujets de tableaux.
Il y a trois peintres fondamentaux : Jean-Baptiste Corot, Gustave Courbet et Jean-François Millet, dont Champfleury défendra l'esthétique.

Jean-Baptiste Corot

Jean-Baptiste Camille Corot, né le 16 juillet 1796[1] à Paris et mort dans le 10e arrondissement de Paris, au 56 de la rue du Faubourg-Poissonnière[2], le 22 février 1875, est un peintre français.
Il passa longtemps pour être un peintre amateur qui avait tout loisir de voyager non seulement un peu partout en France, mais aussi en Italie, où il résida à trois reprises. Au cours de ses pérégrinations, il ne cessa de peindre des paysages idylliques, généralement étoffés de petits personnages, selon les règles du paysage classique. Il est enterré au Père Lachaise.

L'église de Rolleboise. COROT Musée du Louvre

Gustave Courbet

Gustave Courbet (10 juin 1819 à Ornans, près de Besançon, Doubs - 31 décembre 1877 à La Tour-de-Peilz en Suisse) est un peintre français du XIXe siècle, chef de file du courant réaliste. Son réalisme fit scandale. Engagé dans les mouvements politiques de son temps, il a été l'un des élus de la Commune de 1871 accusé d'avoir fait renverser la colonne Vendôme, il fut condamné à la faire relever à ses frais ; libéré de prison, il se réfugia en Suisse.

L'Enterrement à Ornans

Jean-François Millet

Jean-François Millet (4 octobre 1814 - 20 janvier 1875) est un artiste-peintre, pastelliste, graveur et dessinateur du XIXe siècle, l’un des fondateurs de l’école de Barbizon. Il est particulièrement célèbre pour ses scènes champêtres et de la paysannerie.
Il fut influencé par Courbet.


Voir aussi Hyperréalisme

Hyperréalisme

L'hyperréalisme est un mouvement artistique franco-américain du XXe siècle d'origine américaine, caractérisé par une représentation figurative ultra-réaliste.

À la suite de l'expressionnisme abstrait, qui voulait arriver à une expression de l’artiste grâce à la peinture gestuelle (action painting) et en s’appuyant sur le hasard, et qui donnait des peintures abstraites aux formats gigantesques, et à celle du Pop Art, qui récupérait les images de la publicité et de la société de consommation, l’hyperréalisme suivit la voie de ce dernier et s’opposa parfois au premier. L'influence de la photographie dans le mouvement hyperréaliste est également majeure. Les peintures hyperréalistes montrent des scènes de la vie courante, des portraits ou encore des voitures rutilantes. Mais il y a plusieurs hypothèses : l'une qui considère que l'hyperréalisme n'est qu'une suite du Pop Art, parce qu'il utilise comme lui des symboles populaires, l'autre qui voit dans l'hyperréalisme une rupture d'avec l'abstraction, en faisant ressurgir la figuration.
L'hyperréalisme consiste en la reproduction à l'identique d'une photographie en peinture, tellement réaliste que le spectateur vient à se demander si la nature de l'œuvre artistique est une peinture ou une photographie. Les artistes utilisaient des sources diverses telles que des photos de magazines ou des photographies personnelles comme modèle de leur peinture. Pour la reproduire les peintres soit projetaient à l'aide d'un rétro-projecteur l'image sur leur toile et ensuite peignaient en fonction de ce qu'ils voyaient, soit imprimaient sur grand format une photo et peignaient directement sur la photo, soit utilisaient la technique de « mise au carreau ». La photographie ne devait pas être source d'émotion. Les peintres hyperréalistes recherchent la neutralité, ils n'ont pas pour but de dénoncer quoi que ce soit, ils montrent le monde de manière objective, en font le simple constat.

Gerhard Richter

Gerhard Richter, né à Dresde[1] le 9 février 1932, est un artiste peintre allemand sonr l"œuvre est reconnue, depuis les années 1980 « comme une expérience artistique inédite et remarquable ». Peintre. Polymorphe: figuratif, abstrait.

skull

Frédéric Gracia

Frédéric Gracia est un artiste peintre français né à Paris le 8 avril 1959.
Son travail, nettement orienté vers l'hyperréalisme onirique, aborde des thèmes aussi éclectiques que les profondeurs sous-marines ou les volcans, des études et recherches sur la couleur fluo, les gouttes d'eau sur fond de sols lunaires cratérisés, et naturellement les compositions sur le thème de l'Espace ou l'Exploration du Monde ...


clair de terre

John de Andrea

John De Andrea est né à Denver, Colorado le 24 novembre 1941. C'est un sculpteur américain.
Il est associé au courant de l'Hyperréalisme.
Sur la base d’empreintes humaines, il réalise des répliques en polyester et fibre de verre d’un réalisme étonnant. Ses réalisations humaines quasi-réelles sont pour le plus souvent nues. A partir de ses statues, John De Andrea réalise des photos du réel en trois dimensions. Il a récemment conçu les mêmes personnages à partir de bronze peint.

John De Andrea Allegory:after Courbet 1988.

Symbolisme (art)

Symbolisme (art)

Le symbolisme est un mouvement littéraire et artistique apparu en France et en Belgique vers 1870, en réaction au naturalisme et au mouvement parnassien. Ce mouvement s'est exporté jusqu'en Russie, en particulier grâce à Valéry Brioussov, poète et fondateur du symbolisme russe. Voir aussi les Préraphaëlites en Angleterre.
Le mot est proposé par Jean Moréas, qui utilise ici l'étymologie du mot symbole (« jeter ensemble ») pour désigner l'analogie que cette poésie souhaite établir entre l'Idée abstraite et l'image chargée de l'exprimer. Pour les Symbolistes, le monde ne saurait se limiter à une apparence concrète réductible à la connaissance rationnelle. Il est un mystère à déchiffrer dans les correspondances qui frappent d'inanité le cloisonnement des sens : sons, couleurs, visions participent d'une même intuition qui fait du Poète une sorte de mage. Le symbolisme oscille ainsi entre des formes capables à la fois d'évoquer une réalité supérieure et d'inviter le lecteur à un véritable déchiffrement : d'abord voué à créer des impressions - notamment par l'harmonie musicale - un souci de rigueur l'infléchira bientôt vers la recherche d'un langage inédit. L'influence de Stéphane Mallarmé est ici considérable, ce qui entraîne la poésie vers l'hermétisme.


Gustave Moreau

Élu à l'Académie des Beaux-Arts en 1888, Gustave Moreau est nommé professeur en 1892. Il compte parmi ses élèves Adolphe Beaufrère, Henri Matisse, Raoul du Gardier, Albert Marquet et Georges Rouault.
Il fait de nombreux voyages en Italie (Rome, Florence, Milan, Pise, Sienne, Naples, Venise), où il passe des mois à copier les œuvres du Titien, de Léonard de Vinci et les fresques de Michel-Ange de la Chapelle Sixtine. Il emprunte beaucoup aux maîtres de la Renaissance et intègre également des motifs exotiques et orientaux dans ses compositions picturales.
À la fin de sa vie, il fait brûler toute la correspondance échangée avec la seule femme qu'il ait jamais aimée, Alexandrine Dureux. Il a vécu avec elle et sa mère sous le même toit pendant de nombreuses années. Ils n'ont toutefois jamais été mariés.
Il est inhumé au cimetière de Montmartre.

Œdipe et le Sphinx (1864)

Franz von Stuck

Franz von Stuck (23 février 1863 - 30 août 1928) était un peintre allemand symboliste et expressionniste; il était aussi sculpteur, graveur et architecte.
Il est né à Tettenweis, en Bavière, et a suivi des cours à l'académie de Munich.
Il a commencé à se faire un nom avec des illustrations pour le Fliegende Blätter et la création de vignettes pour la décoration des livres. Il ne se consacra à la peinture qu'à partir de 1889, où il obtint un succès avec son premier tableau The Warder of Paradise.
Son style en peinture est basé sur une grande maitrise de la composition et serait plutot sculptural que pictural. Ses sujets favoris sont de nature mythologique et allégorique. Mais son traitement de sujets classiques est généralement peu conventionnel. La statuette d'une athlète, dont des exemplaires en bronze se trouvent à Berlin, Budapest et Hambourg, montre son talent plastique.
Parmi ses tableaux les plus connus, on peut citer Le péché et Guerre, à la Pinakothek de Munich, Le Sphinx, La Crucifixion, Les Rivaux, Paradis perdu, Oedipe, Tentation, et Lucifer.
Bien qu'il fut un des acteurs majeurs de la Sezession de Munich, il fut aussi professeur à l'Académie.


Salomé dansant la danse des sept voiles, 1906

Gustav Klimt

Gustav Klimt Né le 14 juillet 1862 à Baumgarten près de Vienne, mort le 6 février 1918 à Vienne, XIXe ‑ XXe siècles, est un peintre symboliste autrichien, et l'un des membres les plus en vue du mouvement Art nouveau de Vienne. Peintre de compositions à personnages, sujets allégoriques, figures, nus, portraits, paysages, dessinateur, décorateur, peintres de cartons de tapisseries, cartons de mosaïques, céramiste, lithographe.

Wasserschlangen I (Freundinnen I): Hydre I (Amis I), 1904-1907

Odilon Redon

Odilon Redon, né le 20 avril 1840 à Bordeaux et mort le 6 juillet 1916 à Paris, fut un peintre symboliste et coloriste de la fin du XIXe siècle. Son art explore les méandres de la pensée, l'aspect sombre et ésotérique de l'âme humaine, empreint des mécanismes du rêve.

l’Araignée qui pleure, fusain, 1881